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Accueil » Journée de solidarité : 7 heures sans supplément, le lundi n’a pas toujours le dernier mot
Emploi

Journée de solidarité : 7 heures sans supplément, le lundi n’a pas toujours le dernier mot

SamuelPar Samuel22 août 2026Mise à jour:22 août 2026Aucun commentaire9 Minutes de Lecture
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A person plans on a calendar at a desk with a laptop and phone, May 2022.
Photo de Edge Training sur Pexels.
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Le lundi de Pentecôte reste férié, mais il peut accueillir la journée de solidarité, soit 7 heures de travail sans rémunération supplémentaire pour un temps plein. Le calendrier paraît simple, jusqu’au moment où l’accord collectif, le temps partiel ou un changement d’employeur entre dans la danse.

En 2026, le lundi de Pentecôte tombe le 25 mai. Dans une entreprise, cette date peut être chômée, travaillée comme une journée ordinaire ou choisie pour accomplir la journée de solidarité. Deux salariés travaillant à quelques rues l’un de l’autre peuvent donc avoir des calendriers différents. Le droit du travail aime les cases qui ne rentrent pas tout à fait dans le calendrier.

Le lundi de Pentecôte reste un jour férié légal au sens de l’article L3133-1 du Code du travail. Il n’est toutefois ni automatiquement chômé ni automatiquement désigné comme journée de solidarité. La loi du 30 juin 2004 a créé le dispositif après la canicule de 2003. La loi du 16 avril 2008 a ensuite donné davantage de latitude pour choisir sa date et sa forme.

La fiche officielle de Service-Public, publiée le 3 juin 2025 et mise à jour le 11 mai 2026, rappelle l’objectif du dispositif : financer des actions en faveur de l’autonomie des personnes âgées ou handicapées. L’employeur verse une contribution solidarité autonomie de 0,30 % des rémunérations brutes soumises à cotisations à la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie. Le salarié, lui, accomplit un temps de travail supplémentaire sur l’année sans rémunération supplémentaire dans la limite prévue par la loi.

Le 1er mai obéit à une règle distincte : il est en principe obligatoirement chômé, sauf exceptions liées à certaines activités. La journée de solidarité ne peut donc pas être fixée comme un simple remplacement du 1er mai.

Férié, oui. Chômé, pas forcément : Pentecôte joue les doublures

Un jour férié n’est pas toujours un jour non travaillé. Le lundi de Pentecôte peut être retenu par l’accord collectif ou par la décision de l’employeur pour accomplir la journée de solidarité. Le salarié travaille alors selon le planning fixé et dans la limite de la durée prévue par le dispositif.

Si l’entreprise ne retient pas cette date, le lundi de Pentecôte peut rester chômé ou être travaillé selon les règles habituelles de l’établissement. Lorsqu’un jour férié non désigné comme journée de solidarité est travaillé, une éventuelle majoration dépend de la convention collective, d’un accord ou du contrat applicable. Le Code du travail ne prévoit pas automatiquement un paiement double pour tous les jours fériés.

Un jour férié n’est donc pas synonyme de repos, et la journée de solidarité ne se confond pas avec le lundi de Pentecôte.

Qui choisit le jour J? Le calendrier n’est pas le patron

Les modalités sont d’abord fixées par une convention ou un accord d’entreprise, d’établissement ou de branche, conformément aux articles L3133-7 et suivants du Code du travail. En l’absence d’accord collectif applicable, l’employeur les détermine après consultation du comité social et économique lorsqu’il existe, comme le rappelle l’article L3133-8.

Le dispositif peut prendre plusieurs formes : travailler un jour férié précédemment chômé, à l’exception du 1er mai, transformer une journée de RTT en journée travaillée ou répartir les heures sur plusieurs journées. Le fractionnement peut ajouter quelques minutes à plusieurs journées de travail. C’est discret sur le planning, beaucoup moins quand on vérifie le total annuel.

Une même date peut être retenue pour toute l’entreprise, mais des dates différentes sont possibles lorsque l’activité fonctionne en continu, ouvre tous les jours de l’année ou lorsque les horaires individuels empêchent un salarié de travailler à la date commune. L’organisation doit rester conforme à l’accord ou à la décision applicable et au contrat de travail.

Avant la paie, faites parler les textes

  1. Vérifier l’accord d’entreprise, l’accord de branche ou la convention collective applicable.
  2. Identifier la date et la modalité retenues par l’entreprise.
  3. Contrôler le nombre d’heures correspondant au contrat de travail.
  4. Conserver le planning et le bulletin de paie mentionnant, si possible, l’accomplissement de la journée.

Le réflexe de la rédaction est terre à terre : on vérifie le texte avant de contester le lundi travaillé. Cela évite de confondre une décision encadrée avec un planning bricolé un vendredi à 17 h 58.

Sept heures, pas une de plus au rabais

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Photo de Martin Woortman sur Unsplash.

Pour un salarié mensualisé à temps plein, la journée de solidarité correspond à 7 heures de travail sur l’année. Dans cette limite, ces heures ne donnent pas lieu à une rémunération supplémentaire, ne sont pas considérées comme des heures supplémentaires et ne s’imputent pas sur le contingent annuel d’heures supplémentaires, conformément à l’article L3133-9 du Code du travail.

Le salaire mensuel habituel ne baisse pas pour autant. Le salarié reçoit sa rémunération habituelle, mais l’employeur ne verse pas une seconde fois ces 7 heures. La contribution de 0,30 % est acquittée par l’employeur auprès de la CNSA : elle ne constitue pas une retenue de 0,30 % sur la paie du salarié.

Au-delà de 7 heures, le régime normal reprend ses droits. Les heures supplémentaires ou complémentaires éventuelles sont traitées selon les règles habituelles. Une huitième heure travaillée le lundi n’entraîne donc pas automatiquement une majoration : il faut regarder le décompte de la semaine et le statut du salarié.

La preuve utile en cas de changement d’entreprise

La fiche de paie peut mentionner la journée de solidarité ou le nombre d’heures accomplies. Cette mention n’est pas la seule preuve possible, mais elle facilite le suivi avec le planning, une attestation de l’employeur ou tout autre document daté.

Temps partiel, forfait jours : le calcul change de braquet

Le temps partiel ne se calcule pas en appliquant mécaniquement 7 heures à tous les contrats. La durée est proratisée selon la durée hebdomadaire prévue au contrat : 7 heures multipliées par la durée contractuelle, puis divisées par 35.

Un salarié à mi-temps accomplit ainsi 3 h 30. Pour un contrat de 24 heures par semaine, le calcul donne 4 h 48. Avec une activité à 80 %, la durée atteint 5 h 36. Les horaires habituels et la répartition de la semaine doivent ensuite être pris en compte. Si la date retenue tombe un jour où le salarié ne travaille normalement pas, l’employeur doit prévoir une organisation compatible avec le contrat et le cadre collectif applicable.

Les heures effectuées au-delà de la durée proratisée ne disparaissent pas dans un trou noir administratif. Elles relèvent du régime normal des heures complémentaires ou du temps de travail, selon la situation.

Pour un salarié au forfait annuel en jours, le calcul ne se fait pas en heures. La journée de solidarité correspond à une journée de travail sans rémunération additionnelle. Le plafond légal peut atteindre 218 jours travaillés dans l’année, sous réserve du forfait conclu et des règles applicables dans l’entreprise.

RTT, congés, absence : les compteurs ne mélangent pas les torchons

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Photo de Towfiqu barbhuiya sur Unsplash.

Un accord peut prévoir qu’une journée de RTT précédemment non travaillée serve de support à la journée de solidarité. Cela ne permet pas à l’employeur de prendre n’importe quel jour de repos dans le stock du salarié. Les RTT, le repos compensateur et les congés payés répondent à des règles différentes.

L’employeur ne peut pas imposer la prise d’un congé payé pour couvrir la journée de solidarité. La chambre sociale de la Cour de cassation l’a rappelé dans un arrêt du 15 janvier 2014, n° 11-19.974. Le salarié peut demander à poser un congé, sous réserve des règles habituelles de prise et d’acceptation, mais l’employeur ne peut pas transformer unilatéralement la journée en congé payé obligatoire.

Une absence justifiée, notamment pour maladie, accident du travail ou congé maternité, n’entraîne pas automatiquement une récupération de la journée à une autre date. Si le lundi de Pentecôte tombe pendant une période de congés payés déjà fixée, aucun rattrapage légal automatique ne s’impose. Le traitement concret dépend toutefois du dispositif prévu par l’accord ou la décision applicable.

Changement d’employeur : solidarité, oui, doublon, non

La journée de solidarité ne doit pas être accomplie deux fois au titre de la même année civile. L’article L3133-10 du Code du travail prévoit le cas du salarié qui l’a déjà effectuée chez un précédent employeur.

Dans cette situation, le salarié peut refuser d’accomplir une nouvelle journée chez son nouvel employeur. Ce refus ne constitue ni une faute ni un motif de licenciement. Il doit pouvoir établir que la journée a déjà été effectuée, par exemple avec une attestation, un bulletin de paie ou un planning daté.

Le salarié peut aussi accepter de travailler. Les heures effectuées chez le nouvel employeur sont alors rémunérées selon le régime normal du temps de travail. Elles peuvent être prises en compte pour les heures supplémentaires ou complémentaires lorsque les conditions légales sont réunies.

Un changement d’entreprise ne remet pas le compteur annuel à zéro.

Mineurs, stagiaires, Alsace-Moselle : les petites lignes font la loi

Les apprentis et les salariés en contrat de professionnalisation sont concernés par le dispositif lorsqu’ils ont le statut de salarié. Pour les jeunes de moins de 18 ans, le travail pendant un jour férié reste encadré par l’article L3164-6 du Code du travail et par les exceptions prévues pour certains secteurs. Si la journée de solidarité est fixée un jour férié, cette règle doit être vérifiée avant d’établir le planning.

Un stagiaire n’est pas un salarié. Il n’a donc pas à accomplir la journée de solidarité au titre de ce dispositif, même s’il est présent dans l’entreprise le jour retenu.

En Alsace-Moselle, le calendrier local impose une vigilance supplémentaire. Dans les établissements concernés, le Vendredi saint, le 25 décembre et le 26 décembre ne peuvent pas servir de support à la journée de solidarité lorsqu’ils sont chômés. Le dimanche ne peut pas non plus être retenu.

Le lundi 25 mai 2026 sera donc férié sur le calendrier, mais pas nécessairement chômé dans l’entreprise. Pour savoir quelle règle s’applique, il faut regarder l’accord, le planning, le contrat et le bulletin de paie. Le calendrier donne la date. L’accord collectif, lui, fixe le scénario.

Sources et références scientifiques
  1. Martin Geffrault. Lundi de Pentecôte 2026 : férié ou journée de solidarité?. 2026.
  2. Sophie. Journée de solidarité : Est-ce toujours le lundi de Pentecôte?. 2026.
  3. Journée de solidarité : règles 2026, paie, temps partiel, Pentecôte.
  4. Laetitia Baccelli. Journée de solidarité 2026 : est-elle obligatoire? quel impact en paie?. 2026.
  5. Comment gérer la journée de solidarité sur la fiche de paie?. 2026.
  6. Lundi de Pentecôte : jour férié ou journée de solidarité?.
  7. DILA. Journée de solidarité : comment ça marche?. 2025.
  8. Mathilde Damgé. Lundi de Pentecôte travaillé ou férié : comment fonctionne la journée de solidarité?. 2026.
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Samuel
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Moi c'est Samuel, je suis diplômé dans les ressources humaines et j'ai travaillé des dizaines d'années. J'ai créé ce blog pour vous aider à avancer dans la vie professionnelle et dans la vie privée !

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