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Pourquoi vous et pas un autre candidat en entretien : la seule réponse qui intéresse vraiment un recruteur

SamuelPar Samuel11 juin 2026Aucun commentaire19 Minutes de Lecture
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La question « Pourquoi vous et pas un autre ? » arrive dans plus de 70 % des entretiens d’embauche, selon plusieurs cabinets de recrutement interrogés par Cadremploi. Elle tombe souvent après 30 à 40 minutes d’échange, au moment où le recruteur hésite encore entre plusieurs profils, tous « bons sur le papier ». C’est là que beaucoup de candidats s’effondrent, avec un « je suis motivé » creux ou un « je suis le meilleur » impossible à défendre.

Candidate preparing for a job interview with notes and laptop
Photo : Sora Shimazaki / Pexels

Pourquoi les recruteurs posent « Pourquoi vous et pas un autre ? »

La question n’a rien d’anodin. Elle arrive en fin d’entretien, quand le recruteur a déjà lu votre CV, posé les questions classiques et repéré vos incohérences éventuelles. Il veut tester autre chose : votre lucidité sur le poste, votre capacité à vous vendre, votre niveau de maturité professionnelle. Cadremploi résume bien l’intention : vérifier que le candidat a compris les enjeux du poste, mesurer sa motivation réelle et voir ce qui le distingue vraiment des autres profils avec des parcours proches.

Cette question sert souvent de filtre final. Quand deux candidats ont une expérience similaire et des compétences proches, le recruteur garde celui qui sait dire clairement : voilà ce que je vais apporter, voilà pourquoi votre entreprise a intérêt à me choisir. Les cabinets comme PageGroup ou Hays expliquent que la capacité à se différencier à l’oral fait souvent basculer la décision, même quand les CV paraissent équivalents. Le recruteur cherche un angle clair, un message simple qu’il pourra reprendre plus tard devant son manager : « On prend cette personne, parce qu’elle a déjà fait X dans tel contexte, et c’est exactement ce qu’on veut ici. »

Recruiter and candidate in a professional interview discussion
Photo : Sora Shimazaki / Pexels

Cette question sert aussi à mesurer votre confiance en vous, sans arrogance. Si vous balbutiez ou si vous répondez que vous ne voyez pas pourquoi on vous choisirait, le recruteur ne se dira pas « quelle humilité ». Il se dira : « cette personne ne se connaît pas, elle ne saura pas défendre ses projets en interne ».

Les erreurs qui plombent 80 % des réponses

Les recruteurs interrogés par Cadremploi et par l’Apec remontent toujours les mêmes ratés. Ils ne viennent pas du niveau technique, mais de trois pièges classiques.

Les réponses vagues et interchangeables

« Parce que je suis motivé », « parce que j’aime apprendre », « parce que j’adore le travail en équipe » : ces phrases ne servent à rien. Elles ne disent rien de spécifique sur vous et ne créent aucune image claire dans la tête du recruteur. Elles pourraient sortir de la bouche de n’importe quel candidat. Or la question pose précisément la différence avec « un autre ».

Répondre « j’ai toujours eu de bons résultats académiques » ne fonctionne pas mieux, surtout pour des postes de cadres expérimentés. Le recruteur cherche des preuves récentes, liées au poste, pas votre moyenne en école cinq ans plus tôt. Les DRH interrogés par Cadremploi insistent sur un point : sans exemple concret, la réponse tombe dans le vide.

L’arrogance non étayée

À l’inverse, certains candidats se crispent et sortent des formules comme « parce que je suis le meilleur » ou « parce que vous ne trouverez pas mieux ». Sans données, sans réalisation chiffrée, ce genre de phrase braque le recruteur. Il y voit un déficit de recul, voire un risque de comportement toxique dans l’équipe.

Dire « je suis le meilleur profil pour ce poste » peut passer si vous enchaînez immédiatement avec des faits vérifiables qui collent aux besoins du poste : « Vous cherchez quelqu’un qui sait structurer une équipe commerciale en pleine croissance. Dans mon poste actuel, j’ai repris une équipe de 5 commerciaux, nous sommes passés à 9 en un an et le chiffre d’affaires a grimpé de 32 %. » Sans ce niveau de détail, la formule sonne creux.

L’absence de réponse structurée

Autre erreur : répondre en vrac. Le candidat liste ses qualités, raconte un bout de son CV, puis se perd en digressions. Le recruteur décroche. La question exige une réponse courte, claire, avec un fil conducteur. Ana Fernandez, coach et dirigeante d’Energy Coaching, répète la même règle : « le concret, le concret, le concret » pour se présenter en entretien. Le même principe s’applique ici.

Enfin, beaucoup de candidats oublient de parler de l’entreprise. Ils déroulent leurs atouts sans jamais expliquer pourquoi ces atouts collent à ce poste précis, chez cet employeur précis. Résultat, la réponse sonne standard, comme si elle avait été préparée pour n’importe quelle annonce.

La vraie grille de lecture du recruteur quand il entend votre réponse

Quand vous attaquez votre « Pourquoi vous ? », le recruteur n’écoute pas en touriste. Il coche mentalement trois cases : adéquation au poste, valeur ajoutée par rapport aux autres, motivation à rejoindre cette entreprise. Les articles de Cadremploi sur cette question et sur « Quelles sont vos motivations pour ce poste ? » convergent : sans ce triptyque, la réponse ne marque pas.

  • Adéquation au poste : est-ce que votre parcours colle à ce que l’entreprise demande dans l’annonce, dans les entretiens, dans ce qu’on lit sur sa situation actuelle ? Il cherche des mots clés précis : gestion de portefeuille, migration ERP, management de proximité, maîtrise d’un marché, etc.
  • Valeur ajoutée par rapport aux autres : qu’est-ce qui vous distingue d’un candidat moyen qui coche aussi les cases techniques ? Une expérience sectorielle rare, une double compétence, un type de projet déjà géré dans une situation proche, une langue, un réseau, un style de management adapté à leur culture.
  • Motivation ciblée : pourquoi ce poste et cette entreprise, et pas juste « un poste de chef de projet » ou « un poste de contrôleur de gestion » ? Le recruteur écoute si vous avez travaillé le sujet : valeurs, enjeux récents, produits, transformation digitale, croissance internationale…

Il cherche aussi le bon dosage entre confiance et humilité. Cadremploi insiste sur cette ligne de crête : afficher une attitude de gagnant, sans écraser les autres. Le recruteur se demande : est-ce que cette personne saura tenir sa place en réunion, défendre ses idées, tout en gérant la contradiction et la hiérarchie ? Une réponse bancale à « Pourquoi vous ? » alerte sur ce point.

Avant l’entretien : le travail de fond qui fait toute la différence

Une bonne réponse ne se construit pas la veille à 23 h. Le travail commence bien avant l’entretien. Les articles Cadremploi sur « Pourquoi vous et pas un autre ? », « Quelles sont vos motivations pour ce poste ? » et « Parlez-moi de vous » convergent : le candidat doit avoir clarifié trois choses avant d’entrer dans la salle.

1. Disséquer l’annonce et la réalité du poste

Vous prenez l’annonce et vous la découpez. Vous repérez les compétences clés et les situations de travail qui reviennent : gestion d’un portefeuille client de X comptes, encadrement direct de Y personnes, lancement d’un nouveau produit, passage d’un système informatique à un autre, dimension internationale, reporting vers un siège, etc. Les conseils de Cadremploi pour postuler sans le bon profil insistent sur ce point : cerner les compétences clés du poste, pour ne pas se disperser.

Person reviewing a resume and highlighting key skills
Photo : Sora Shimazaki / Pexels

Vous complétez avec le site corporate de l’employeur, ses communiqués, ses avis sur les sites d’évaluation, ses posts LinkedIn. Pour les motivations, Cadremploi conseille d’aller lire la charte des valeurs de l’entreprise et ses engagements récents, par exemple sur la RSE ou sur l’innovation. Vous repérez deux ou trois éléments concrets qui résonnent avec votre parcours.

2. Faire l’inventaire précis de vos preuves

Ensuite, vous passez votre propre parcours au scanner. Vous repérez les situations qui collent à ce que l’entreprise cherche : un projet sauvé alors qu’il partait à la dérive, une équipe redressée, une baisse de churn client, un déploiement logiciel réussi, un changement de process réglementaire absorbé en temps et en heure. L’Apec et Cadremploi insistent sur l’usage d’exemples chiffrés, même simples : pourcentages, volumes, délais, budgets.

Vous transformez ces expériences en petites histoires prêtes à servir en entretien, format court : contexte, action, résultat. C’est ce que recommandent les recruteurs interrogés par Cadremploi sur la question « Parlez-moi de vous » : transformer le CV en récit cohérent. La même logique s’applique à « Pourquoi vous ? », mais en version plus ciblée.

3. Clarifier vos motivations sans langue de bois

Enfin, vous mettez au clair ce qui vous attire dans ce poste. Cadremploi propose une liste de motivations assumées pour un poste : quête de sens, intérêt pour le secteur, envie d’évoluer, autonomie, niveau de responsabilité, technologie utilisée, projet de vie (mobilité géographique, meilleure articulation vie pro/vie perso). Vous choisissez trois leviers concrets qui collent à ce poste, sans tomber dans le mélange des genres (motivation sincère vs récit inventé).

Si vous changez de travail parce que votre entreprise actuelle ne vous convient plus, l’article de Cadremploi sur « Pourquoi changer de travail ? » conseille de rester factuel : changement de gouvernance, plan de départ, perte de sens. Vous gardez ces éléments en tête, mais vous ne les sortez qu’avec recul, sans dénigrement. Le recruteur veut entendre ce qui vous attire dans le futur, pas un règlement de comptes sur le passé.

Une structure simple et efficace pour répondre : 3 temps, pas plus

Sur le terrain, la meilleure réponse tient en 1 à 2 minutes, pas plus. Au-delà, vous perdez l’oreille du recruteur. La structure la plus robuste s’inspire des conseils de pitch donnés par les experts cités par Cadremploi : présent, passé, futur. Appliquée à « Pourquoi vous ? », cela donne :

  1. Je coche les cases du poste : votre adéquation avec les exigences.
  2. J’ai déjà prouvé X dans un contexte comparable : un exemple concret.
  3. Et je suis aligné avec votre entreprise pour Y raisons : votre motivation ciblée.

Concrètement, ça peut donner, pour un poste de responsable marketing :

« Vous cherchez une responsable marketing capable de relancer la génération de leads sur un marché B2B et de structurer une petite équipe. Aujourd’hui, je pilote le marketing d’une PME industrielle avec un cycle de vente long et des commerciaux terrain. En deux ans, j’ai mis en place une stratégie de contenus qui a doublé le nombre de leads qualifiés et j’ai recruté et formé deux chargés marketing. Ce que j’apporterai chez vous, c’est cette capacité à créer un flux de demandes sur un marché technique, en lien étroit avec les ventes. Et votre positionnement sur la transition énergétique me parle vraiment, parce que je travaille déjà avec des clients de ce secteur et j’ai envie de m’y engager à plein temps. »

La phrase tient les trois piliers : adéquation, preuve, projection dans l’entreprise. Le recruteur ressort avec une image claire : marketing B2B, leads, équipe, énergie. Il peut défendre ce choix face à son N+1.

Des exemples de réponses solides, par type de profil

Plutôt que des conseils abstraits, voici des réponses réalistes, au niveau attendu en entretien, en reprenant la logique préconisée par Cadremploi : concret, alignement avec les besoins, équilibre entre confiance et humilité.

Profil junior, premier CDI

Pour un poste de chargé de projet en agence ou en entreprise, sans grosse expérience derrière soi, la bataille se joue sur les stages, l’alternance, les projets associatifs et la courbe d’apprentissage.

« Vous avez besoin d’un chargé de projet capable de suivre plusieurs dossiers en parallèle et d’être à l’aise avec des clients exigeants. J’ai géré 3 clients en direct lors de mon alternance, dans une agence de communication où les délais étaient très serrés. J’ai organisé les plannings, préparé les briefs créa et suivi la production jusqu’à la livraison. On a réduit de 20 % le nombre de retours clients en structurant mieux les validations. Je n’ai pas dix ans d’expérience, en revanche j’apprends vite, j’ai déjà un pied dans votre secteur et j’ai envie de me projeter dans une équipe qui travaille sur des sujets digitaux comme les vôtres. »

Le candidat n’essaie pas de faire croire qu’il a un profil senior. Il met en avant ce qu’il a déjà testé, avec un résultat mesurable, et il assume sa marge de progression. Ce type de discours rejoint les conseils de Cadremploi quand on n’a pas « le bon profil » : transformer une apparente faiblesse (manque d’expérience) en trajectoire crédible.

Profil expérimenté en reconversion

Pour un cadre qui change de métier ou de secteur, la clé est de relier les compétences transférables et de montrer que ce n’est pas un caprice, mais un projet construit. Cadremploi insiste sur l’importance de raconter un fil conducteur cohérent, plutôt que d’empiler des expériences disparates.

« Vous cherchez un chef de projet SI qui sache parler aux métiers et sécuriser les déploiements. Je n’ai pas un parcours classique d’ingénieur, je viens du contrôle de gestion. En revanche, j’ai piloté comme utilisateur référent le déploiement d’un nouvel ERP sur deux filiales, avec des impacts forts sur le reporting et la facturation. J’ai animé les ateliers, formé les équipes et assuré la remontée des incidents. On a tenu les délais et le taux d’erreur sur les premières clôtures est resté inférieur à 3 %. Ce que j’apporte, c’est cette double culture finance / SI. Je me suis formé en parallèle sur la gestion de projet et c’est ce qui me donne envie d’évoluer vers un poste dédié chez un acteur comme vous, qui structure justement son système d’information. »

La réponse ne nie pas le décalage de profil. Elle le pose d’emblée, puis le retourne en avantage. Cela colle aux conseils de Cadremploi sur « postuler quand on n’a pas le bon profil » : afficher la lucidité sur les compétences manquantes, mais insister sur les atouts qui compensent.

Profil manager, poste de direction

Pour un poste de manager, « Pourquoi vous ? » se joue sur la capacité à embarquer une équipe et à livrer des résultats, pas sur la liste des missions. Les DRH interrogés par Cadremploi insistent sur les qualités recherchées : leadership, fiabilité, capacité à décider, gestion des conflits.

« Vous avez besoin d’un directeur commercial qui reprenne une équipe et relance la croissance sur deux marchés matures. J’ai dirigé pendant 6 ans une force de vente de 25 personnes, réparties sur 3 régions, dans un environnement très concurrentiel. Quand j’ai pris le poste, le chiffre d’affaires stagnait. Nous avons retravaillé le ciblage, revu le variable et renforcé la formation. En trois ans, le chiffre d’affaires a progressé de 18 % et le taux de turnover est passé de 22 à 10 %. Mon style de management est exigeant mais très présent sur le terrain, et c’est ce que j’ai compris de vos attentes. Votre projet d’ouverture d’un nouveau canal e-commerce m’intéresse aussi, parce que j’ai déjà vécu ce type de transition avec la mise en place d’une équipe dédiée dans mon précédent poste. »

Le discours colle aux chiffres, au terrain, au style de management et aux enjeux de l’entreprise. Le recruteur entend un profil capable de livrer, pas seulement un « manager motivé ».

Ce qu’il faut éviter absolument dans votre réponse

Cadremploi liste plusieurs erreurs qui reviennent sans cesse et qui ruinent même les parcours solides. La plupart se corrigent avec un peu de préparation et de discipline en entretien.

  • Dire « je ne sais pas » ou « bonne question » : c’est un aveu de non-préparation. Vous envoyez le message que vous ne prenez pas votre candidature au sérieux. Le recruteur se dira que vous travaillerez de la même façon sur vos dossiers.
  • Tout ramener à vos besoins personnels : si votre réponse tourne autour de votre salaire, de votre temps de trajet ou de votre envie de télétravail, sans parler de ce que vous apportez, vous passez à côté du sujet. Cadremploi rappelle que ces motifs peuvent être entendus, mais doivent rester secondaires dans le discours.
  • Dénigrer votre employeur actuel : l’article de Cadremploi sur les raisons de changer de travail est très clair. Même si votre manager actuel est un cauchemar, ne le dites pas. Le recruteur projettera ce comportement sur sa propre entreprise et craindra de vous voir tenir le même discours dans quelques années.
  • Surjouer le « fit » avec l’entreprise : dire que vous rêvez de cette entreprise « depuis toujours », que c’est « la meilleure » ou « la seule » entreprise qui vous intéresse sonne faux, sauf cas très particulier. Les recruteurs interrogés recommandent de parler de quelques points concrets que vous appréciez, sans superlatifs.
  • Rester flou sur vos compétences : « je suis polyvalent », « je suis adaptable », sans un exemple précis, n’a aucune valeur. L’article de Cadremploi sur les qualités appréciées en entretien insiste sur la nécessité de lier chaque qualité à une situation vécue.

Une autre erreur fréquente consiste à réciter son CV une nouvelle fois. La question « Pourquoi vous ? » n’appelle pas une biographie, elle appelle un choix. Vous devez sélectionner ce qui sert le poste, pas dérouler l’intégralité de votre parcours.

Comment adapter votre réponse selon le secteur et l’entreprise

Une réponse efficace ne se copie-colle pas d’un entretien à l’autre. Les recruteurs cités par Cadremploi, comme Franck Lambert-Dulac chez RSM, insistent sur la logique marketing de la démarche : partir du besoin du recruteur et adapter son discours. Pour « Pourquoi vous ? », cela se traduit par quelques ajustements clés.

Type d’entreprise Ce que le recruteur écoute en priorité Angle utile pour « Pourquoi vous ? »
Grande entreprise Capacité à naviguer dans un environnement structuré, sens politique, maîtrise des référentiels internes. Mettre en avant vos expériences dans des organisations complexes, vos interactions avec plusieurs directions, votre gestion de projets multi-sites.
PME / ETI Polyvalence, autonomie, capacité à faire, pas seulement à piloter. Insister sur les postes où vous avez cumulé plusieurs casquettes, mis en place des outils de zéro, pris des décisions opérationnelles rapides.
Start-up / scale-up Adaptation à l’incertitude, goût du changement, orientation résultat. Raconter des situations où vous avez géré une forte croissance, une restructuration, un pivot, avec des moyens limités.
Secteur public / parapublic Connaissance des règles, sens du service, gestion des contraintes réglementaires. Mettre en avant vos expériences avec appels d’offres, règles d’achat public, relations avec des autorités de contrôle.

Dans tous les cas, vous gagnez des points si vous citez un élément précis de l’entreprise : un projet récent, un marché clé, une ligne de produit. Les articles de Cadremploi conseillent de s’appuyer sur le site corporate et sur les actualités de l’employeur pour nourrir ces références.

Travailler la forme : ton, durée, langage

Le fond ne suffit pas. La manière dont vous livrez votre réponse influence fortement la perception du recruteur. Les experts sollicités par Cadremploi sur la question « Parlez-moi de vous » insistent sur quelques points qui valent aussi pour « Pourquoi vous ? ».

Business team collaborating around a table in a modern office
Photo : Yan Krukau / Pexels
  • La durée : visez 60 à 90 secondes. En dessous, votre réponse paraîtra pauvre. Au-delà, elle déborde sur d’autres sujets et perd sa force.
  • Le ton : assertif, posé, sans agressivité. Vous ne « suppliez » pas pour avoir le poste, vous exposez les raisons factuelles pour lesquelles ce recrutement a du sens.
  • Le vocabulaire : bannissez les tics de langage vides (« du coup », « voilà », « en fait »). Préférez des verbes d’action : piloter, négocier, concevoir, animer, analyser, décider.
  • Le regard : si l’entretien est en face à face, vous regardez votre interlocuteur au moment d’annoncer votre phrase-clé, pas votre carnet ni vos chaussures.
  • L’entraînement : les recruteurs cités par Cadremploi le répètent. Une bonne réponse se travaille à haute voix, devant un miroir ou un proche, pour intégrer le rythme et éviter le mode « récitation » robotique.

La forme doit rester naturelle. Un discours trop parfait, récité sans respiration, met mal à l’aise. Le bon équilibre : une structure claire, avec quelques phrases ancrées, mais un ton vivant et adaptable.

Ce que dit votre réponse de votre maturité professionnelle

Au-delà de la question elle-même, votre réponse révèle comment vous vous situez sur le marché du travail. Un candidat qui sait expliquer « pourquoi lui » montre qu’il a réfléchi à son positionnement, à ses forces, à ses limites. Les études de l’Apec sur l’employabilité des cadres montrent que cette capacité de recul devient décisive dans les carrières longues, où les parcours se complexifient.

Un bon « Pourquoi vous ? » montre aussi que vous avez compris la logique de l’entretien : ce n’est pas un examen scolaire où il faut donner « la bonne réponse », c’est un échange où vous devez aider le recruteur à prendre une décision. Cadremploi parle souvent de posture « gagnant-gagnant » : vous ne quémandez pas un poste, vous expliquez en quoi la collaboration aurait du sens pour les deux parties.

Enfin, votre réponse laisse déjà deviner comment vous défendrez vos dossiers en interne. Un cadre qui ne sait pas vendre sa propre candidature aura du mal à vendre un projet, un budget, un changement de méthode à ses collègues et à sa direction. Le recruteur y pense très clairement quand il pose la question.

Conclusion : si vous ne retenez qu’une chose

La question « Pourquoi vous et pas un autre ? » n’est pas un piège gratuit. C’est un test de lucidité, de préparation et de capacité à se vendre sans posture. Le socle, on le retrouve noir sur blanc dans les conseils de Cadremploi : comprendre les enjeux du poste, cibler les besoins précis de l’entreprise, bâtir une réponse basée sur des réalisations concrètes, trouver le bon niveau de confiance en soi et d’humilité.

Si vous deviez garder un seul exercice avant votre prochain entretien, ce serait celui-ci : prenez l’annonce, listez trois besoins clés de l’entreprise, puis écrivez une réponse d’une minute qui suit le schéma « je colle au poste, j’en apporte la preuve, et j’ai une vraie raison de vouloir travailler chez vous ». Vous la dites à haute voix jusqu’à ce qu’elle sonne naturel. Le jour J, ce sera votre colonne vertébrale. Le reste de l’entretien pourra bouger, mais sur cette question-là, vous serez prêt.

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Moi c'est Samuel, je suis diplômé dans les ressources humaines et j'ai travaillé des dizaines d'années. J'ai créé ce blog pour vous aider à avancer dans la vie professionnelle et dans la vie privée !

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