Depuis le 1er janvier 2026, l’employeur peut financer jusqu’à 7,32 € par titre-restaurant sans cotisations sociales ni impôt sur le revenu sur cette participation, sous conditions. Le chiffre de 25 €, lui, concerne la dépense maximale par jour : deux plafonds, deux histoires, et une confusion qui revient plus souvent qu’un recruteur injoignable après un entretien.
7,32 € au compteur, 25 € en embuscade
Le montant de 7,32 € ne correspond ni à la valeur totale du titre ni à la somme que le salarié peut dépenser dans la journée. Il désigne la participation maximale de l’employeur bénéficiant de l’exonération. En 2025, cette limite était fixée à 7,26 €.
Dans une fiche publiée le 7 janvier 2026, la Direction de l’information légale et administrative confirme cette revalorisation pour les titres émis depuis le 1er janvier. Le cadre fiscal repose notamment sur l’article 81 du Code général des impôts, tandis que le dispositif des titres-restaurant est encadré par l’article L. 3262-1 du Code du travail.
Le plafond de 25 € joue ailleurs. Il limite l’utilisation cumulée des titres sur une même journée, que le paiement passe par une carte ou par une application. Avec deux titres de 12 €, la dépense atteint 24 €. Avec trois titres de 9 €, elle dépasse la limite, même si les achats sont répartis sur plusieurs passages en caisse.
Le calcul ne fait pas crédit
Pour que la participation patronale profite pleinement de l’exonération, elle doit représenter entre 50 % et 60 % de la valeur faciale du titre. L’employeur finance au moins la moitié, mais pas plus de 60 % dans le cadre exonéré.
La formule est simple : valeur du titre multipliée par le pourcentage pris en charge par l’employeur. Le plafond de 7,32 € s’applique ensuite au résultat. Ça ressemble à une opération de niveau collège, sauf que le résultat finit sur la fiche de paie.
À 50 %, le titre prend de la valeur
Avec une prise en charge patronale de 50 %, un titre peut atteindre 14,64 €. L’employeur paie alors 7,32 € et le salarié règle les 7,32 € restants. La participation patronale atteint le plafond d’exonération sans le dépasser.
Sur 20 journées travaillées, cela représente 292,80 € de titres, répartis à parts égales entre l’entreprise et le salarié. La part patronale atteint 146,40 €, tandis que la même somme reste à la charge du salarié. 14,64 € est donc une valeur faciale maximale pour utiliser intégralement le plafond avec une prise en charge à 50 %, pas un montant obligatoire.
À 60 %, la calculette serre la vis
Avec une participation de 60 %, la valeur faciale qui permet d’atteindre exactement 7,32 € est de 12,20 €. L’entreprise paie 7,32 € et le salarié 4,88 €.
Une valeur de 13 € avec une participation de 60 % donne une contribution patronale de 7,80 €. La fraction de 0,48 € qui dépasse le plafond peut être réintégrée dans l’assiette des cotisations. Le titre n’est pas forcément interdit, mais la fraction excédentaire sort du traitement social et fiscal prévu pour la part exonérée.
À l’inverse, un titre de 10 € financé à 60 % par l’employeur donne une participation de 6 €. Elle reste sous le plafond de 7,32 €. La valeur faciale n’a donc pas besoin d’atteindre 12,20 € pour être exonérée : elle doit simplement respecter le taux de participation et rester sous la limite applicable.
Le ticket passe à table, pas partout
En 2026, le plafond d’utilisation reste fixé à 25 € par jour. Il s’applique à l’ensemble des achats cumulés, et non à chaque transaction. Le paiement dématérialisé bloque généralement le dépassement automatiquement. En version papier, le commerçant ne rend pas la monnaie sur un titre supérieur au montant de l’achat.
Les titres peuvent servir à acheter des produits alimentaires directement consommables ou destinés à être préparés. Les pâtes, le riz, la farine, les fruits, les légumes, les oeufs ou la viande peuvent donc entrer dans le panier, sous réserve de l’acceptation du commerçant et des règles de l’émetteur. Cette possibilité est prévue jusqu’au 31 décembre 2026.
Les produits non alimentaires et l’alcool restent exclus. Le titre-restaurant ne devient pas une carte bancaire à usage général parce qu’il est passé sur une application mobile. Pas de lessive, pas de chargeur de téléphone, pas de grande opération ravitaillement pour refaire la maison.
Par défaut, l’utilisation se fait du lundi au samedi. Le dimanche et les jours fériés nécessitent une autorisation de l’employeur pour les salariés qui travaillent habituellement ces jours-là. La règle est liée à la journée de travail, pas à l’envie de déjeuner dehors un dimanche ensoleillé.
Un titre par repas, sinon ça dérape
L’attribution suit les repas compris dans l’horaire de travail quotidien. En pratique, un salarié reçoit généralement un titre pour chaque journée travaillée comportant une pause repas. Les jours de congé, d’arrêt maladie ou d’absence ne doivent pas donner lieu à l’attribution d’un titre pour un repas qui n’a pas été pris dans le cadre du travail.
Le nombre de titres peut donc varier d’un mois à l’autre. Vingt titres en janvier ne signifient pas que vingt titres seront dus en février : les congés, les absences et le calendrier des jours travaillés modifient le décompte. Le bon réflexe consiste à comparer la distribution avec le planning réel, pas avec un forfait mensuel supposé.
Le télétravail mérite une vérification au cas par cas, car le principe d’égalité de traitement entre salariés placés dans une situation comparable peut entrer en jeu lorsque l’entreprise attribue des titres aux équipes présentes sur site. L’accord collectif, la décision de l’employeur et les pratiques internes comptent dans l’analyse.
La fiche de paie joue cartes sur table

La fiche de paie permet de contrôler le mécanisme, à condition de ne pas la lire en diagonale entre deux réunions. La part patronale et la retenue correspondant à la participation du salarié doivent être cohérentes avec la valeur du titre et le nombre de titres attribués.
- Comptez les jours travaillés comportant un repas dans l’horaire.
- Identifiez la valeur faciale d’un titre, par exemple 10 €, 12,20 € ou 14,64 €.
- Calculez la part patronale en appliquant le pourcentage prévu par l’entreprise.
- Comparez le résultat avec le plafond de 7,32 € par titre.
- Vérifiez que la retenue salariale correspond bien à la différence entre la valeur du titre et la participation employeur.
Un paramétrage de paie resté bloqué sur le plafond de 2025 peut laisser apparaître une participation de 7,26 € alors que l’entreprise souhaite appliquer la nouvelle limite. À l’inverse, augmenter la valeur du titre sans recalculer le pourcentage patronal peut faire basculer une partie de la contribution hors exonération.
En cas d’écart répété, demandez le détail du calcul au service RH ou au service paie. Une anomalie isolée peut venir d’une régularisation. Une différence qui se répète sur plusieurs bulletins mérite une vérification documentée. La fiche de paie, cette vitrine qu’on ouvre rarement avec enthousiasme, donne pourtant les bons indices.
L’avantage a son revers de médaille
Le titre-restaurant reste un avantage cofinancé, pas une somme versée librement sur le salaire. Avec un titre de 14,64 € et une prise en charge à 50 %, le salarié paie 7,32 € pour disposer d’un moyen de paiement limité aux usages prévus. Avec un titre de 12,20 € financé à 60 %, sa part descend à 4,88 €.
L’employeur n’est pas tenu de choisir la valeur maximale. Il peut retenir une valeur plus basse, une participation de 50 %, 60 % ou un taux situé entre les deux, dans le respect du cadre applicable à l’exonération. Le montant affiché dans l’application ne suffit donc pas à juger le niveau de l’avantage : il faut regarder la valeur faciale, le partage et le nombre de titres.
En 2026, la hausse se limite à 6 centimes par titre par rapport au plafond de 2025. Le réglage complet du dispositif reste le vrai sujet. Une entreprise peut atteindre 7,32 € sans attribuer des titres à 14,64 €, et un salarié peut disposer d’un titre élevé sans pouvoir dépenser plus de 25 € dans la journée. La calculette n’a pas gagné la bataille, elle a simplement obtenu un siège à la table du déjeuner.
Sources et références scientifiques
- Martin Geffrault. Ticket restaurant 2026 : plafond 7,32 €. 2026.
- DILA. Titres-restaurant : augmentation du plafond d’exonération. 2026.
- Sarah L.. Tickets restaurant 2026 : plafond, règles, nouveautés, tout ce que vous devez savoir. 2026.
- admin_bmfiduciaire. Tickets restaurant. 2026.
- Camille Delaurier. Titres-restaurant 2026 : nouvelles règles et plafond d’exonération à connaître. 2026.
- Edenred France. Ticket Restaurant® : quel est le plafond d’exonération en vigueur?. 2025.
- Valeurs faciales, seuils d’exonération et règles des titres-restaurant pour 2026. 2026.
