En 2026, le salaire d’un apprenti va de 27 % à 100 % du SMIC selon l’âge et l’année d’exécution du contrat. Le pourcentage affiché dans une offre ne suffit pourtant pas toujours à connaître le montant réellement versé.
Le barème prévu par l’article D6222-26 du Code du travail, consultable sur Légifrance, combine deux critères : l’âge de l’apprenti et son année d’exécution dans le contrat. Pour les apprentis de 21 ans et plus, le salaire minimum conventionnel de l’emploi peut remplacer le SMIC lorsqu’il est plus favorable.
Cette grille fixe un plancher légal. L’employeur peut proposer davantage et la convention collective peut prévoir une rémunération supérieure. Un taux de 43 % indique donc un minimum correspondant à une situation précise, pas un salaire définitif.
Le bon calcul commence par l’âge et la date de début du contrat, pas par le diplôme préparé.
La grille qui ne fait pas de cadeau à l’âge
Voici la rémunération minimale en apprentissage, exprimée en pourcentage du SMIC brut mensuel. La première, la deuxième et la troisième année correspondent à l’année d’exécution du contrat, pas forcément à l’année scolaire.
| Âge de l’apprenti | 1re année | 2e année | 3e année |
|---|---|---|---|
| Moins de 18 ans | 27 % | 39 % | 55 % |
| De 18 à 20 ans | 43 % | 51 % | 67 % |
| De 21 à 25 ans | 53 % | 61 % | 78 % |
| 26 ans et plus | Au moins 100 % du SMIC ou du SMC plus favorable | Au moins 100 % du SMIC ou du SMC plus favorable | Au moins 100 % du SMIC ou du SMC plus favorable |
Pour obtenir le brut mensuel, appliquez le pourcentage au SMIC en vigueur à la date de paie. À partir de 21 ans, vérifiez aussi le salaire minimum conventionnel de la branche. Une convention collective de la métallurgie, du bâtiment ou d’un autre secteur peut donc relever le plancher.
Anniversaire au calendrier, salaire à la hausse
La tranche d’âge appliquée au début du contrat dépend de l’âge de l’apprenti à cette date. Lorsqu’il atteint l’âge de la tranche supérieure, le nouveau taux s’applique le premier jour du mois suivant son anniversaire. Un apprenti qui commence à 20 ans et 11 mois peut donc démarrer avec le taux de la tranche des 18 à 20 ans, puis passer à celui des 21 à 25 ans.
La progression liée à l’année d’exécution suit le calendrier du contrat. Un apprenti de 19 ans qui entre en deuxième année passe ainsi de 43 % à 51 % du SMIC. La hausse intervient à la date prévue par la progression du contrat, pas au 1er janvier ni automatiquement au début de l’année scolaire. Le calendrier civil adore compliquer les fiches de paie.
Le brut fait son numéro, le net garde ses secrets
Le salaire brut d’un apprenti ne se transforme pas toujours en net comme celui d’un salarié classique. La date de conclusion du contrat compte depuis le changement de régime social entré en vigueur le 1er mars 2025.
Pour les contrats conclus avant le 1er mars 2025, l’exonération des cotisations salariales concernait la rémunération jusqu’à 79 % du SMIC. Pour les contrats conclus à partir de cette date, le seuil est abaissé à 50 % du SMIC. La fraction qui dépasse ce seuil peut supporter les cotisations salariales et la CSG-CRDS selon les règles applicables.
Le Bulletin officiel de la sécurité sociale et l’Urssaf distinguent aussi les retenues liées à la complémentaire santé et à la prévoyance. Elles peuvent subsister sous le seuil d’exonération. Deux apprentis ayant le même brut peuvent donc recevoir un net différent selon la date de leur contrat et les lignes de leur fiche de paie.
Impôt sur le revenu, la règle a son plafond
L’article 81 bis du Code général des impôts prévoit, dans sa version applicable aux revenus déclarés en 2026, une exonération des salaires d’apprentissage dans la limite du montant annuel du SMIC. La fraction qui dépasse ce plafond peut entrer dans le revenu imposable. Le plafond dépend de l’année des revenus : celui d’une déclaration précédente ne doit pas être repris automatiquement.
Cette règle concerne les salaires d’apprentissage. Elle ne se confond pas avec le régime fiscal du contrat de professionnalisation, soumis aux règles ordinaires de l’impôt sur le revenu.
L’employeur verse le salaire pendant les périodes passées en entreprise comme pendant les périodes de formation au CFA ou dans l’organisme de formation. L’apprenti bénéficie aussi d’au moins cinq semaines de congés payés par an, avec maintien du salaire selon les règles applicables aux salariés, notamment l’article L3141-3 du Code du travail.
Les exceptions sortent du chapeau
Le tableau standard ne couvre pas toutes les situations. La convention collective peut fixer un minimum supérieur et l’employeur peut aller au-delà du plancher légal. Le niveau de rémunération retenu doit apparaître dans le contrat.
Diplôme supérieur, salaire inférieur? Pas si vite
Lorsque la durée du contrat est réduite parce que l’apprenti possède déjà un diplôme ou une expérience en rapport avec la formation, sa rémunération minimale peut être calculée comme si une partie du parcours avait déjà été accomplie. L’article D6222-28-1 du Code du travail encadre ce calcul.
Pour une licence professionnelle préparée en un an après un bac+2, le barème correspondant à une deuxième année d’exécution peut s’appliquer, conformément à l’article D6222-32 du Code du travail. Le diplôme préparé ne suffit toutefois pas à lui seul : la durée du parcours et les conditions du contrat doivent être examinées.
Lorsqu’un nouveau contrat suit un premier contrat ayant permis d’obtenir le diplôme préparé, la rémunération minimale doit en principe être au moins égale à celle de la dernière année du contrat précédent. La grille liée à l’âge reste applicable si elle est plus favorable. Cette règle figure à l’article D6222-29 du Code du travail et évite qu’une nouvelle étape de formation fasse mécaniquement baisser le salaire.
Repas et logement, la retenue sous surveillance
L’employeur peut déduire certains avantages en nature, comme la nourriture ou le logement, dans la limite de 75 % de la déduction autorisée pour les autres salariés. Ces retenues ne peuvent pas faire passer la rémunération sous le minimum légal prévu pour l’apprenti, conformément à l’article D6222-35 du Code du travail.
Le montant annoncé doit donc être lu avec les éventuels avantages en nature, la mutuelle et les primes. Une rémunération supérieure au barème peut aussi venir d’un accord d’entreprise ou d’une convention collective. Le salaire minimum n’est pas la fin de la discussion, même si certaines offres semblent avoir été écrites avec une calculette en panne.
Apprentissage ou contrat pro, deux grilles au rapport
Le contrat de professionnalisation ne reprend pas le barème de l’apprentissage. Sa rémunération minimale dépend de l’âge du bénéficiaire et de son niveau de qualification au début du contrat. La fiche consacrée à la rémunération par La Bonne Alternance, service public consultable en 2026, distingue donc les deux dispositifs.
Cette différence compte lorsqu’une entreprise propose plusieurs formes d’alternance pour un même poste. Le salaire, les cotisations et les règles fiscales ne se comparent pas ligne à ligne. Avant de discuter du pourcentage, demandez le type exact de contrat et le niveau de qualification retenu pour le calcul.
La fiche de paie mène l’enquête
Pour contrôler une rémunération d’apprenti en 2026, vérifiez ces éléments dans cet ordre :
- l’âge au début du contrat et la date du prochain anniversaire;
- l’année d’exécution du contrat, qui détermine la colonne de la grille;
- la convention collective et le salaire minimum conventionnel applicable au poste;
- la date de conclusion du contrat, notamment avant ou après le 1er mars 2025;
- les cotisations, la mutuelle, la prévoyance et les éventuels avantages en nature sur la fiche de paie.
Sur une offre, demandez donc le pourcentage, le brut mensuel, l’année d’exécution et la convention collective. Le pourcentage tout seul, c’est une vitrine sans prix : joli, mais peu pratique au moment de passer en caisse.
Sources et références scientifiques
- Martin Geffrault. Salaire apprenti 2026 : grille de 27 % à 100 % du SMIC. 2026.
- La bonne alternance. Salaire en alternance 2026 : grille et barèmes officiels.
