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Peut-on toucher le chômage après un abandon de poste en 2025 ? Le vrai état du droit

SamuelPar Samuel16 mai 2026Aucun commentaire18 Minutes de Lecture
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Abandon de poste et chômage : ce qu’a changé la réforme de 2023

Le 19 avril 2023, la règle a basculé. Un salarié qui cesse de venir travailler sans justification risquait jusque-là un licenciement pour faute grave, donc un droit au chômage, car il perdait son emploi de manière involontaire. Depuis l’entrée en vigueur du décret n°2023-275 du 17 avril 2023, pris en application de l’article L1237-1-1 du Code du travail, l’abandon de poste est désormais présumé être une démission, sauf motifs précis.

Employee leaving office desk with paperwork
Photo : RDNE Stock project / Pexels

Le ministère du Travail a présenté ce dispositif comme une réponse à une « faille juridique », dans le débat sur la réforme de l’assurance chômage fin 2022. Le gouvernement visait les situations où des salariés choisissaient l’abandon de poste pour forcer un licenciement, et donc ouvrir des droits à l’ARE, tout en évitant la démission classique. L’Unédic rappelle que pour toucher le chômage, il faut avoir « perdu involontairement son emploi », sauf cas de démission dite légitime. La nouvelle présomption renverse le jeu.

Concrètement, la règle actuelle tient en une phrase : si vous abandonnez votre poste et que votre employeur vous met en demeure de revenir, vous risquez d’être réputé démissionnaire. Dans ce cas, France Travail considère que vous avez quitté votre emploi de votre plein gré. Vous n’avez pas droit à l’assurance chômage, sauf si votre démission entre dans les cas de démission légitime listés par l’Unédic ou si vous obtenez ensuite une requalification judiciaire.

Cette évolution frappe en priorité les salariés en CDI, car l’abandon de poste est un mode de suspension du contrat qui, dans ce cadre, débouche désormais sur la démission présumée. Pour les CDD, la logique reste celle d’une rupture anticipée irrégulière, avec une autre série de conséquences. Le droit commun du chômage, lui, n’a pas changé sur un point clé : la démission reste un mode de rupture volontaire qui n’ouvre pas les droits à l’ARE, sauf exceptions très encadrées.

Abandon de poste : ce que recouvre vraiment cette notion en droit du travail

Le Code du travail ne donne pas une définition exhaustive de l’abandon de poste, mais la pratique et la jurisprudence en tracent les contours. Le site Service-public.fr parle d’un salarié qui « ne vient plus travailler sans justification ni autorisation ». L’outil Cadremploi, comme plusieurs cabinets en droit social, retient quatre éléments classiques pour caractériser la situation.

  • Le salarié cesse de se présenter au travail, par une absence prolongée (souvent plus de 48 heures) ou par des absences répétées.
  • Il ne reprend pas le travail malgré la poursuite de la relation contractuelle.
  • Il ne fournit pas de justification valable à son employeur dans un délai raisonnable.
  • L’employeur n’a pas accepté cette absence (congés, autorisation spéciale, télétravail convenu, etc.).

Un détail pratique compte beaucoup : le simple fait d’arriver en retard, même de manière récurrente, ne suffit pas à parler d’abandon de poste. On entre plutôt sur le terrain disciplinaire classique. A l’inverse, partir en milieu de journée sans accord, ne plus revenir et ne plus répondre aux sollicitations peut suffire à caractériser un abandon.

Il faut aussi distinguer l’abandon de poste des absences justifiées. Un arrêt maladie transmis dans les délais, même s’il arrive après une première absence, bloque l’assimilation automatique à un abandon. Le décret du 17 avril 2023 liste des motifs qui rendent la présomption de démission inopérante. Une consultation médicale urgente, le décès d’un proche, une grossesse, l’exercice du droit de grève ou du droit de retrait, ou encore un refus d’exécuter un ordre manifestement illégal, ne peuvent pas servir de base à une présomption de démission.

Dans la pratique, les services RH restent très attentifs aux justificatifs. Un certificat médical qui arrive tard déclenche souvent des échanges serrés. L’employeur n’a pas l’obligation de croire sur parole un salarié qui évoque un « problème personnel ». Il doit cependant respecter la procédure écrite s’il veut utiliser la présomption de démission, et prendre en compte les justificatifs fournis.

HR manager reviewing employee absence documents
Photo : cottonbro studio / Pexels

Présomption de démission : la nouvelle règle du jeu en cas d’abandon de poste

L’article L1237-1-1 du Code du travail est devenu le texte central. Il prévoit que le salarié qui a abandonné son poste et ne revient pas travailler est présumé démissionnaire, si certaines conditions sont réunies. Cette présomption n’est pas automatique. Tout se joue dans la mise en demeure adressée par l’employeur.

Le site Service-public détaille la marche à suivre. L’employeur doit envoyer au salarié une lettre recommandée ou une lettre remise en main propre contre décharge. Ce courrier doit demander deux choses : des explications sur l’absence, et la reprise du travail. Il doit aussi fixer un délai minimal de 15 jours calendaires pour revenir. C’est un point clé. Si l’employeur donne un délai inférieur, il prend le risque de voir toute la suite annulée devant les prud’hommes.

Trois scénarios se dessinent alors :

  • Le salarié répond, justifie son absence par un motif recevable (arrêt maladie, accident, droit de retrait…) et l’employeur accepte. La situation redevient une suspension classique du contrat ou un conflit sur les conditions de travail, mais la présomption de démission tombe.
  • Le salarié répond sans fournir de justificatif solide, ou refuse de revenir. L’employeur peut alors tirer les conséquences et considérer la relation comme rompue par démission à la date de fin du délai.
  • Le salarié ne répond pas, ne revient pas, et ne transmet aucun justificatif. Il est alors présumé avoir démissionné à la date fixée dans la mise en demeure.

Le Code du travail rappelle que cette présomption reste réfragable. Le salarié peut saisir le conseil de prud’hommes pour contester. Il devra expliquer pourquoi l’absence ne traduisait pas une volonté de démissionner, mais révélait au contraire des manquements graves de l’employeur, ou un motif légitime ignoré. Le juge pourra qualifier la situation en licenciement sans cause réelle et sérieuse ou en prise d’acte justifiée. Dans ce cas, le salarié retrouve le statut de privé d’emploi involontaire et peut prétendre au chômage.

Legal consultation in labor law with documents
Photo : www.kaboompics.com / Pexels

Dans les faits, les premières décisions prud’homales montrent des cas très contrastés. Des tribunaux ont annulé la présomption lorsque l’employeur connaissait une situation de harcèlement ou d’impayés de salaires. D’autres ont validé la démission présumée lorsque le salarié restait totalement silencieux malgré plusieurs relances, ou utilisait l’abandon pour contourner une procédure de démission classique et négocier une rupture.

Abandon de poste et droit au chômage : ce qui bloque, ce qui reste possible

Sur le plan du chômage, la règle reste simple. L’Unédic le rappelle sur son site : la démission, qui est une rupture volontaire du contrat par le salarié, ne donne pas droit à l’allocation d’aide au retour à l’emploi, sauf cas de démission légitime. Lorsque l’abandon de poste déclenche la présomption de démission, la porte de l’ARE se ferme mécaniquement.

Cadremploi, Juritravail et plusieurs sites spécialisés convergent sur ce point. Si l’employeur suit la nouvelle procédure et constate une démission, France Travail ne versera pas le chômage, sauf si la démission répond à un motif légitime reconnu par l’Unédic. Les indemnités de rupture sont limitées. Le salarié touche seulement :

  • une indemnité compensatrice de congés payés s’il lui restait des jours non pris,
  • et éventuellement une indemnité compensatrice de préavis si l’employeur le dispense d’effectuer ce préavis.

Aucune indemnité de licenciement ni prime de rupture conventionnelle ne vient compenser la perte d’emploi. Le salarié qui espérait transformer son abandon de poste en licenciement pour faute grave perd sur toute la ligne. Il se retrouve sans salaire, sans ARE, et avec un contrat rompu par lui.

Une nuance subsiste. L’employeur peut toujours choisir de ne pas utiliser la présomption de démission et de déclencher un licenciement pour faute grave en lien avec l’abandon de poste. Juritravail pointe cette possibilité. Dans ce cas, le salarié est bien « involontairement privé d’emploi » au sens de France Travail, et retrouve un droit à l’ARE, sous réserve de remplir les conditions d’affiliation habituelles (durée de travail minimale, période de référence, etc.). Cette latitude donne un pouvoir de négociation à l’employeur. Elle explique aussi pourquoi les pratiques peuvent varier d’un secteur à l’autre.

Un autre levier arrive plus tard dans le temps : la réadmission après 121 jours. Service-public rappelle qu’un salarié démissionnaire, privé d’ARE, peut demander un réexamen de sa situation après 121 jours de chômage, environ 4 mois, s’il démontre une recherche active d’emploi. L’instance paritaire régionale peut alors ouvrir des droits à titre dérogatoire. C’est un filet de secours, pas une garantie. Les chiffres publiés par l’Unédic montrent que ces réexamens restent minoritaires par rapport au flux des indemnisations classiques.

Les exceptions : quand l’abandon de poste ne coupe pas le droit au chômage

Le décret du 17 avril 2023 et les fiches de l’Unédic organisent une série d’exceptions. L’abandon de poste ne mène pas toujours à une démission présumée. Lorsque l’absence repose sur un motif légitime, l’employeur ne peut pas valablement invoquer la présomption, ou s’expose à un revers devant le juge. L’Unédic et Service-public citent plusieurs cas concrets :

  • Exercice du droit de retrait lorsque le salarié estime que sa situation de travail présente un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé. Le salarié doit alerter son employeur, mais l’absence qui en découle reste protégée.
  • Exercice du droit de grève. Le salarié qui cesse le travail dans le cadre d’un mouvement collectif déclaré ne commet pas un abandon de poste.
  • Absence pour raison médicale, attestée par un certificat, que ce soit une maladie, un accident ou une aggravation de l’état de santé. L’arrêt transforme l’absence en suspension du contrat pour maladie.
  • Refus d’exécuter un ordre manifestement contraire à une réglementation, par exemple un conducteur routier à qui l’employeur impose de dépasser les temps de conduite légaux.
  • Absence prévue et autorisée par la convention collective, comme un déménagement, un mariage ou un congé exceptionnel, si le salarié a respecté les formalités prévues.

A côté de ces motifs d’absence, la question des démissions légitimes reste centrale pour l’accès au chômage. L’Unédic distingue des démissions pour motif personnel (suivi de conjoint qui déménage pour un nouvel emploi, mariage accompagnant un changement de résidence, etc.) et des démissions pour motif professionnel (non-paiement du salaire, actes délictueux sur le lieu de travail, etc.). Un salarié qui démissionne dans ces conditions peut ouvrir des droits à l’ARE, même s’il est à l’origine de la rupture.

Une articulation clé avec l’abandon de poste se joue avec la prise d’acte. Le salarié qui cesse de venir travailler parce que son employeur ne paie plus les salaires, laisse perdurer un harcèlement ou modifie unilatéralement son contrat, peut saisir le conseil de prud’hommes pour faire constater la rupture aux torts de l’employeur. Juritravail rappelle que si les juges valident cette prise d’acte, elle produit les effets d’un licenciement sans cause réelle et sérieuse. Le salarié retrouve alors l’accès à l’ARE, en plus de dommages et intérêts.

La difficulté reste probatoire. Un arrêt non transmis, un mail imprécis, un conflit de longue date sans trace écrite peuvent pénaliser le salarié. Sur le terrain, les conseils prud’homaux regardent de près les relevés de salaire, les attestations médicales, les échanges écrits, et la chronologie des faits. Un abandon sec, sans alerte préalable, a peu de chances d’être requalifié. Un départ après des mois d’impayés ou d’alertes restées sans réponse se prête davantage à une requalification en rupture forcée.

CDI, CDD, période d’essai : des conséquences très différentes

L’abandon de poste ne produit pas les mêmes effets selon le type de contrat. Les textes et les pratiques distinguent clairement le CDI, le CDD et la période d’essai. L’erreur de lecture sur ce point coûte cher, car le régime juridique et les droits au chômage changent du tout au tout.

En CDI, l’abandon de poste est désormais assimilé à une démission présumée si l’employeur déclenche la mise en demeure et respecte le délai de quinze jours. Le salarié perd le bénéfice du licenciement, donc les indemnités associées, et n’a pas accès à l’ARE sauf exception. Il peut tenter un recours prud’homal, mais l’issue reste incertaine et longue. L’employeur n’a aucune obligation de lancer une procédure de rupture. Il peut laisser le contrat suspendu, sans salaire, ce qui place le salarié dans une forme de limbo juridique.

En CDD, le régime est différent. L’abandon de poste s’assimile à une rupture anticipée du contrat à l’initiative du salarié, en dehors des cas autorisés par l’article L1243-1 du Code du travail. La loi autorise la rupture d’un CDD par le salarié dans peu de situations : accord avec l’employeur, embauche en CDI, faute grave de l’employeur, inaptitude constatée par le médecin du travail. En dehors de ces cas, si le salarié rompt le CDD, il risque de devoir payer des dommages et intérêts à l’employeur, souvent à hauteur du salaire qu’il aurait perçu jusqu’au terme du contrat.

Sur le chômage, le salarié qui rompt son CDD sans motif valable n’a pas droit à l’ARE liée à ce contrat. Il ne bénéficie pas non plus de l’indemnité de fin de contrat. Il reste couvert par ses éventuels droits antérieurs, mais ne crée pas de nouveaux droits avec ce CDD interrompu. Les conseillers emploi mettent souvent en garde les jeunes en CDD long qui envisagent un abandon de poste : la facture peut être lourde si l’employeur saisit les prud’hommes.

La période d’essai obéit à une logique encore différente. Durant cette période, chaque partie peut rompre le contrat sans avoir à motiver sa décision, sous réserve de respecter un délai de prévenance. Si le salarié cesse de venir travailler sans avertir, l’employeur peut considérer que le contrat est rompu de fait par le salarié. Service-public précise qu’on ne parle pas à proprement parler d’abandon de poste, mais le geste s’apparente à une démission. Là encore, pas de droit au chômage, sauf cas de démission légitime sur le fond. La pratique montre d’ailleurs que beaucoup de salariés rompent leur période d’essai pour accepter un autre poste, sans se rendre compte qu’ils perdent parfois des droits au chômage plus tard, en cas d’échec rapide dans le nouvel emploi.

Que peut faire l’employeur, et quelles options reste-t-il au salarié ?

La réforme de 2023 a redonné la main à l’employeur. Celui-ci dispose désormais de trois leviers principaux quand un salarié cesse de venir travailler. Il peut engager la nouvelle procédure de présomption de démission. Il peut choisir la voie classique du licenciement pour faute grave. Il peut enfin laisser le contrat dans une forme de suspension informelle.

Le recours à la démission présumée a un avantage pour l’employeur : pas d’indemnité de licenciement, pas de risque direct de contestation de la cause réelle et sérieuse, et un message clair pour le reste des équipes. Le salarié part par son fait. En revanche, l’employeur doit soigner la procédure écrite, conserver la preuve de la mise en demeure, et vérifier l’absence de motif légitime. Certains cabinets de conseil RH recommandent d’archiver tous les échanges, y compris les SMS et mails, pour se prémunir en cas de recours.

Le licenciement pour faute grave reste possible. L’article L1232-1 du Code du travail impose une cause réelle et sérieuse. Un abandon de poste prolongé, répété, sans justificatif, répond en principe à ce critère. Le licenciement nécessite un entretien préalable, une notification motivée, et ouvre droit à l’ARE, mais pas aux indemnités de licenciement. Des employeurs choisissent cette voie pour éviter la situation bloquée d’un salarié absent mais encore lié par contrat, et pour traiter des cas où la désorganisation du service devient insupportable.

Le statu quo, enfin, consiste à ne rien faire et à laisser le contrat suspendu de fait. L’employeur ne verse plus de salaire, le salarié ne vient plus, et aucune rupture formelle n’intervient. Cette situation laisse le salarié sans revenu ni chômage, parfois pendant des mois. Elle ne pose pas de problème légal immédiat à l’employeur, mais nourrit un risque de contentieux ultérieur, avec éventuellement un rappel de salaire si la procédure de mise en demeure a été mal menée.

Office worker stressed about unemployment and job loss
Photo : Anna Shvets / Pexels

Du côté du salarié, plusieurs options existent avant et après l’abandon de poste. Avant la rupture, il peut proposer une rupture conventionnelle à l’employeur. Juritravail rappelle que cette voie reste la plus sécurisée pour « quitter son poste et toucher le chômage ». Elle implique un accord, des délais de rétractation et d’homologation par la DREETS, mais ouvre droit automatiquement à l’ARE si les conditions d’affiliation sont réunies.

Après un abandon de poste, le salarié peut :

  • répondre à la mise en demeure, justifier son absence, et reprendre le travail si la relation reste tenable ;
  • solliciter une rupture conventionnelle a posteriori, mais l’employeur est libre de refuser ;
  • saisir le conseil de prud’hommes pour une prise d’acte ou une requalification si des manquements graves de l’employeur existent ;
  • ou, en dernier recours, compter sur un réexamen par France Travail après 121 jours de chômage.

Les avocats en droit du travail insistent souvent sur un point : un abandon de poste ne doit jamais être une première option pour « sortir » d’un emploi. Entre le coût financier et l’incertitude juridique, la rupture conventionnelle ou la démission encadrée restent des sorties beaucoup plus maîtrisées, même si elles demandent parfois une négociation serrée avec l’employeur.

Chômage après abandon de poste : pièges fréquents et alternatives plus sûres

La réforme a fait tomber une illusion qui circulait largement sur les forums emploi. L’abandon de poste était vu comme un « raccourci » pour quitter un poste jugé ingérable, tout en préservant le chômage. Depuis 2023, ce calcul tombe, sauf rare bienveillance d’un employeur qui choisit encore la voie du licenciement faute grave. Les principaux pièges se concentrent autour de trois erreurs.

La première erreur consiste à croire que l’employeur « devra bien finir par licencier ». Le droit n’impose rien. Un employeur peut garder un contrat en suspens pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois, surtout si le poste n’est pas critique. Le salarié se retrouve alors sans salaire, sans attestation pour France Travail, et sans lettre de licenciement pour déclencher un recours. Les guides RH, comme ceux d’Académie RH ou de Visioconseilspro, décrivent des situations où le salarié finit par démissionner lui-même, épuisé, en perdant tout levier.

La deuxième erreur consiste à sous-estimer la difficulté à faire reconnaître une démission comme légitime après coup. L’Unédic liste des cas précis : suivi de conjoint pour motif professionnel, non-paiement répété du salaire, acte délictueux dans l’entreprise, démission dans le cadre d’un projet de reconversion validé par une commission paritaire. Un conflit de caractère avec un manager ou un désaccord sur un objectif ne rentrent pas dans ces cases. Beaucoup de salariés découvrent, lors de leur inscription à France Travail, que leur situation ne coche aucune case, alors qu’ils pensaient être « dans leur droit ».

La troisième erreur consiste à rompre un CDD par abandon de poste sans mesurer le risque financier. L’article L1243-1 ouvre la voie à une condamnation à des dommages et intérêts. Sur un CDD de 12 mois qui se termine dans 8 mois, la somme peut devenir élevée. Des décisions prud’homales récentes condamnent des salariés à payer plusieurs milliers d’euros à leur ancien employeur, en plus de la perte de droits au chômage à court terme.

Face à cela, plusieurs alternatives plus pragmatiques existent :

  • négocier une rupture conventionnelle en jouant sur des éléments objectifs : inadéquation durable au poste, projet professionnel, réorganisation à venir, etc. Beaucoup d’employeurs préfèrent une sortie négociée à un conflit ouvert ou à un salarié démotivé ;
  • chercher un nouvel emploi en parallèle, puis démissionner en ayant mesuré l’impact sur ses droits, surtout si l’on cumule déjà suffisamment d’ancienneté pour ouvrir des droits ultérieurs ;
  • documenter scrupuleusement tout manquement sérieux de l’employeur (impayés, harcèlement, modifications unilatérales du contrat) pour, si besoin, utiliser la prise d’acte plutôt que l’abandon sec ;
  • passer par un projet de transition professionnelle (PTP, ex-CIF) ou une démission-reconversion reconnue par une commission paritaire, qui ouvre droit à l’ARE si les conditions sont remplies, comme l’explique l’Unédic dans ses fiches sur la démission pour reconversion.

En filigrane, la réforme de 2023 a envoyé un signal clair : quitter un emploi en France reste un acte à forts enjeux financiers, surtout pour ceux qui comptent sur l’assurance chômage comme filet. L’abandon de poste n’est plus une porte dérobée vers l’ARE. C’est une sortie risquée, souvent perdante, sauf cas de manquements graves de l’employeur solidement documentés.

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Moi c'est Samuel, je suis diplômé dans les ressources humaines et j'ai travaillé des dizaines d'années. J'ai créé ce blog pour vous aider à avancer dans la vie professionnelle et dans la vie privée !

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