Depuis le 1er juin 2026, le SMIC atteint 1 867,02 euros brut par mois. Les conventions collectives revalorisent certains minima, mais plusieurs grilles se font encore rattraper par le plancher légal.
Le montant horaire brut s’élève désormais à 12,31 euros pour 35 heures hebdomadaires, soit environ 1 478 euros nets avant prélèvement à la source. Cette hausse de 2,41 % intervient après une première revalorisation de 1,18 % au 1er janvier 2026, qui avait porté le SMIC mensuel à 1 823,03 euros brut.
L’arrêté du 22 mai 2026 fixe ces nouveaux montants. L’Insee a, de son côté, mesuré une inflation de 0,9 % en 2025. Une hausse supérieure à l’évolution des prix peut donc améliorer le pouvoir d’achat, à condition que le salaire individuel suive effectivement le minimum applicable.
Un minimum conventionnel n’est ni un salaire moyen ni une augmentation automatique. Le pourcentage annoncé par une branche ne suffit pas à déterminer le montant qui doit apparaître sur le bulletin.
Le SMIC grimpe, les grilles font de la résistance
Une convention collective fixe des minima selon la classification du poste : niveau, coefficient, échelon ou groupe. Le SMIC constitue le seuil légal général. Lorsque le minimum prévu par la branche est inférieur à ce seuil, l’employeur doit appliquer le montant légal le plus favorable au salarié.
Un coefficient affiché à 1 780 euros ne permet donc pas de verser 1 780 euros brut par mois à temps plein depuis le 1er juin 2026. La rémunération doit atteindre au moins 1 867,02 euros brut, même si la branche n’a pas encore actualisé sa grille. La convention collective ne peut pas autoriser une rémunération inférieure au minimum légal.
Cette règle ne signifie pas que chaque salaire augmente de 2,41 %. Si la rémunération est déjà supérieure au minimum conventionnel et au SMIC, la hausse du plancher ne déclenche pas forcément une revalorisation. Il faut alors vérifier l’accord applicable, le contrat de travail, une décision de l’employeur ou une mesure générale.
Les primes demandent aussi une lecture attentive. Pour comparer une rémunération au SMIC, certains éléments sont exclus, notamment les remboursements de frais et les majorations liées aux heures supplémentaires. Pour le minimum conventionnel, le texte de la branche précise les éléments à prendre en compte. Additionner toutes les lignes du bulletin peut donc donner un résultat trompeur.
Le minimum fixe un seuil de rémunération, pas une promesse d’augmentation pour toute la grille.
Coiffure, boulangerie, métallurgie, le grand bal des pourcentages
Les revalorisations diffèrent fortement selon les branches. La coiffure affiche une hausse de 2,42 % avec l’avenant n° 51 du 3 décembre 2025, applicable au 1er mars 2026. Les minima annoncés vont d’environ 1 843 à 3 271 euros brut mensuels selon le niveau. Depuis juin, le premier palier situé sous le nouveau SMIC est rattrapé par le plancher légal; le niveau suivant, à 1 869 euros, reste juste au-dessus.
La coiffure coupe court au vieux barème
Dans l’esthétique, la progression annoncée atteint 1,83 %. Elle dépasse l’inflation mesurée en 2025, mais son effet dépend du coefficient occupé et du salaire déjà versé. Une personne positionnée au-dessus du minimum ne reçoit pas mécaniquement 1,83 % de plus. Le coefficient inscrit sur le bulletin compte donc davantage que le titre de l’accord.
Boulangerie et chimie, même taux au menu
La boulangerie-pâtisserie prévoit une hausse de 1,20 % dans l’avenant n° 139 du 14 janvier 2026. Les taux horaires mentionnés vont de 12,41 à 14,59 euros, ce qui place le premier palier au-dessus du SMIC horaire de 12,31 euros. La chimie affiche également une revalorisation de 1,20 %.
Dans la métallurgie, la hausse de 0,88 % prévue par la branche identifiée par l’IDCC 3248 reste légèrement inférieure à l’inflation 2025. Cette comparaison ne permet pas de conclure à une baisse de chaque salaire réel, car de nombreuses rémunérations dépassent les minima. Elle montre toutefois que le bas de grille ne suit pas toujours le coût de la vie.
Dans la comptabilité, l’avenant n° 48 du 5 décembre 2025 prévoit une hausse de 2,9 % pour les experts-comptables. Les calendriers diffèrent selon les branches : certaines négocient en fin d’année, d’autres publient leur accord plusieurs mois plus tard. Ça négocie sévère, mais pas au même rythme partout.
Juin et août ajoutent des lignes au bulletin
Des textes applicables au 1er juin 2026 concernent notamment le transport de déménagement, les commerces de détail non alimentaires, les particuliers employeurs et l’emploi à domicile, ainsi que la boucherie. Les avenants cités ont été signés entre le 21 janvier et le 6 février 2026, selon les branches.
D’autres accords doivent entrer en vigueur au 1er août 2026 :
- entreprises artistiques et culturelles : accord du 1er juillet 2026, avec les salaires au 1er août et certaines indemnités ou primes au 1er septembre;
- commerce de détail alimentaire non spécialisé : accord du 10 février 2026;
- fleuristes, vente et services des animaux familiers : accord du 10 mars 2026;
- prestataires de services dans le secteur tertiaire : accord du 27 mai 2026;
- commerce de détail et de gros à prédominance alimentaire : avenant n° 99 du 17 avril 2026.
La date de signature ne suffit pas à déterminer la date d’application. Il faut vérifier le champ de la convention, la date d’effet prévue par l’accord et, lorsque c’est nécessaire, sa publication ou son extension. Oui, une date de signature qui ne correspond pas à la date de paie, c’est le genre de détail qui transforme une vérification simple en petit parcours administratif.
Quand le SMIC écrase les barreaux de l’échelle
Une grille conventionnelle doit maintenir des écarts entre les niveaux de qualification. Lorsque plusieurs coefficients sont rattrapés par le SMIC, ces écarts disparaissent. Un salarié débutant et un salarié ayant gagné en autonomie peuvent alors se retrouver avec le même plancher, malgré des responsabilités différentes.
Le phénomène concerne particulièrement les secteurs à bas salaires, comme l’aide à domicile, la propreté ou la restauration rapide. La hausse du SMIC protège le revenu minimal, mais elle ne remet pas automatiquement toute la grille en ordre. Les branches doivent donc renégocier plusieurs niveaux, et pas uniquement le premier échelon.
Fiche de paie, épisode contrôle technique

Pour mesurer l’effet d’une nouvelle grille, comparez des montants bruts et les dates d’application. Le net dépend des cotisations et ne permet pas de contrôler directement un minimum conventionnel.
Depuis le 1er juin 2026, le référentiel suivi par la Dares et la direction générale du Travail recense les conventions, accords et statuts avec leurs dates de signature, d’effet et de fin, qu’ils soient en vigueur ou non. Il faut donc filtrer les textes pour ne retenir que celui qui s’applique à l’entreprise.
- Repérez l’IDCC. Ce code identifie la convention collective. Il figure généralement sur le bulletin de paie, avec l’intitulé de la convention, et peut aussi apparaître dans le contrat de travail.
- Vérifiez la classification. Notez le niveau, le coefficient ou l’échelon. Une nouvelle grille ne corrige pas automatiquement une classification erronée.
- Retrouvez le dernier avenant. Consultez le texte sur Légifrance et vérifiez sa date d’effet, sa publication et, si nécessaire, son extension. Un accord signé en janvier ne s’applique pas forcément dès janvier.
- Comparez le bon montant. Mettez en regard le minimum de la grille, le SMIC applicable à la période et la rémunération brute. Le traitement des primes dépend du texte concerné.
- Contrôlez les bulletins concernés. La hausse du SMIC du 1er juin 2026 doit être vérifiée sur la paie correspondante. Les accords applicables au 1er août doivent être contrôlés sur le bulletin de cette période.
- Demandez une explication écrite. Si un écart subsiste, indiquez la période, le coefficient, le montant comparé et le texte invoqué.
Le salaire est trop bas, la procédure ne doit pas l’être
Si la rémunération semble inférieure au SMIC ou au minimum conventionnel applicable, conservez les bulletins, le contrat, les avenants et les échanges avec l’employeur. Une demande écrite au service de paie permet de préciser le coefficient, la période et le montant contesté. La discussion part alors de pièces vérifiables, pas d’une impression générale.
Le Code du travail, dans sa rédaction applicable en 2026, encadre le SMIC aux articles L3231-1 et suivants. Pour une demande de rappel de salaire, l’article L3245-1 prévoit une prescription de trois ans à compter du jour où la personne connaît ou aurait dû connaître les faits. Une contestation portant sur la classification, les primes ou l’interprétation d’un accord peut nécessiter l’analyse des bulletins successifs et du texte conventionnel.
La convention collective se lit donc ligne par ligne : secteur, IDCC, coefficient, date d’effet, brut et primes. Le pourcentage affiché dans un titre ne paie personne à lui seul. Sur la fiche de paie, le montant et la date ont le dernier mot.
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