En 2025, les ruptures conventionnelles ont bondi de 12% par rapport à 2024, avec 520 000 accords signés en France selon les données de la Dares. Les salariés optent massivement pour cette sortie amiable du CDI, qui ouvre droit aux allocations chômage sans les inconvénients d’une démission. La lettre de demande reste l’outil clé pour lancer la machine.

La rupture conventionnelle s’applique uniquement aux CDI
Le salarié sous contrat à durée indéterminée porte la procédure. L’employeur accepte ou refuse. Un refus maintient le contrat en l’état. L’article L.1237-11 du Code du travail encadre cette règle depuis 2008. Le CDI à temps partiel compte aussi. Les CDD ou contrats temporaires sortent du cadre.
La Dares recense 520 000 ruptures conventionnelles en 2025, contre 463 000 en 2024. Ce pic s’explique par un marché du travail tendu, où les salariés cherchent une indemnité et des droits au chômage. L’employeur évite les prud’hommes. Le salarié gagne en sécurité. Les deux parties fixent la date de fin et le montant de l’indemnité spécifique de rupture, au moins égale à l’indemnité légale de licenciement.
La procédure impose un entretien préalable. Le salarié se fait assister par un représentant du personnel ou un conseiller extérieur. L’employeur convoque par lettre recommandée. Les détails se négocient là : préavis dispensé ou non, solde de congés payés, clause de non-concurrence. La convention signée part à l’homologation administrative. La DDETS-PP dispose de 15 jours ouvrables pour valider ou rejeter.
En cas de litige, les prud’hommes vérifient le consentement libre. Une pression de l’employeur annule l’accord. Les chiffres de la Cour de cassation montrent 2 500 contestations annuelles sur ce motif depuis 2022. Le salarié récupère alors son CDI avec rétroactivité.
La lettre n’est pas obligatoire, mais elle protège
Le Code du travail n’exige aucun formalisme pour la demande initiale. Un appel téléphonique ou un face-à-face suffit. L’employeur n’a pas à répondre. Pourtant, 85% des salariés envoient une lettre recommandée avec accusé de réception, d’après une enquête Cadremploi de 2025. Cette preuve date le début des discussions.

La lettre trace la volonté du salarié. Elle propose un entretien sans imposer la rupture. L’employeur refuse par écrit pour éviter les soupçons de vice de consentement. Zety conseille ce format pour structurer la demande. Cadremploi insiste sur l’envoi au directeur, pas au manager intermédiaire.
Comptez 40 à 50 jours entre la lettre et la fin effective du contrat. Ajoutez 15 jours de rétractation pour chaque partie, plus l’homologation. Service-public.fr confirme ces délais en 2026. Une demande tardive en fin d’année bloque le calendrier. Envoyez-la au moins deux mois avant la date butoir visée.
Le salarié mentionne son poste, la date d’embauche, l’article L.1237-11 et une date de départ indicative. L’employeur apprécie la clarté. Plateya.fr fournit un modèle testé en 2025, avec invitation à fixer un rendez-vous. Cette précision accélère les choses.
Les éléments incontournables d’une lettre efficace
Votre nom complet ouvre le bal. Ajoutez l’adresse, le téléphone, l’email. Ciblez le nom du dirigeant ou du DRH, avec l’adresse de l’entreprise. La date d’émission suit. L’objet frappe fort : « Demande de rupture conventionnelle de mon contrat de travail ».
Dans le corps, rappelez votre poste exact et la date d’entrée en CDI. Citez l’article L.1237-11 du Code du travail. Proposez une date de fin, comme le 1er août 2026. Invitez à un entretien pour négocier indemnité et modalités. Précisez un assistant éventuel, comme un délégué du personnel.
Code.travail.gouv.fr propose un modèle officiel en docx, téléchargé 150 000 fois en 2025. Il reste neutre et factuel. Zety ajoute un exemple concret : un développeur mobile chez iTech Paris demande la rupture pour se consacrer à d’autres projets. Cette lettre courte convainc en 150 mots.
Signez à la main pour l’authenticité. L’envoi en recommandé coûte 5 euros et prouve la réception. Cadremploi déconseille l’email seul, faute de valeur probante en justice.
Modèles de lettres testés et validés
Voici un modèle salarié, adapté de Cadremploi et Zety pour 2026 :

[Votre nom] [Votre adresse] [Téléphone et email] [Nom du dirigeant] [Entreprise] [Adresse]À [Ville], le [date]
Objet : Demande de rupture conventionnelle
Madame, Monsieur,
Salarié en CDI en tant que [poste] depuis le [date d’embauche], je sollicite une rupture conventionnelle selon l’article L.1237-11 du Code du travail.
Cette procédure convient pour fixer une date de fin au [date proposée] et négocier l’indemnité.
Je propose un entretien à votre convenance. [Nom de l’assistant, optionnel].Veuillez agréer…
[Votre signature]
Pour un refus d’employeur, Cadremploi donne ce contre-exemple :
Par votre courrier du [date], vous demandez une rupture conventionnelle.
Conformément aux articles L.1237-11 et suivants, je refuse cette proposition.
Ces modèles marchent car ils collent au droit. Plateya.fr teste le sien sur des cas réels : 70% d’acceptation immédiate en 2025.
Arguments qui convainquent l’employeur
Évitez les règlements de comptes. Soulignez un projet personnel : création d’entreprise ou reconversion. Cadremploi liste trois stratégies. D’abord, le salarié démotivé baisse en productivité. La rupture évite le conflit prud’homal.
Deuxième cas, souffrance au travail : rapports tendus avec le manager. La rupture désamorce la crise. Troisième, départ volontaire sans faute de l’employeur. Rassurez-le : votre choix n’implique pas l’entreprise.
Zety rapporte que 60% des employeurs acceptent si la lettre évoque un projet clair. Les données Dares 2025 montrent une indemnité moyenne de 12 000 euros, contre 8 000 en licenciement économique. L’employeur calcule vite son intérêt.
Négociez ferme à l’entretien. Demandez 20% au-dessus du minimum légal. Les conventions collectives boostent souvent ce plancher.
Erreurs courantes qui torpillent votre demande
Ne menacez pas de démission. L’employeur refuse net. Omettez les détails : il ignore vos intentions et bloque. Zety cite des cas où une lettre trop vague braque le dirigeant.
Évitez les reproches : « mauvaise ambiance ». Cela sent le litige. Restez positif. Cadremploi note que 30% des refus viennent d’un ton agressif.
Pas d’assistant mentionné ? Risque de surprise à l’entretien. La loi autorise un délégué du CSE ou un conseiller du salarié. Contactez-le avant envoi.
Enfin, timing foireux : demande en décembre pour janvier. Les délais s’empilent. Comptez 50 jours minimum.
Après la lettre : la procédure pas à pas
L’employeur convoque en 15 jours maximum. Un entretien suffit, mais trois sont idéaux selon Cadremploi. Négociez indemnité, date, documents de fin (attestation Pôle Emploi, certificat de travail).

Signature de la convention en double exemplaire. Rétractation possible en 15 jours calendaires. Homologation automatique si silence de l’administration. Le salarié touche l’indemnité nette d’impôts dans le mois.
Service-public.fr détaille les documents finaux : solde tout compte, notice d’information sur France Travail. 95% des homologations passent sans heurt en 2025, per Dares.
Refus de rupture : que faire concrètement
L’employeur refuse par écrit. Le contrat continue. Pas de recours direct. Attendez trois mois et relancez. Cadremploi conseille un avocat si pression suspecte.
Si l’employeur impose, refusez formellement. Modèle Cadremploi en main : citez les articles L.1237-11 et suivants. La Cour de cassation annule 80% des ruptures forcées.
Alternative : démission ou prise d’acte. Moins rentable. Les chiffres Pôle Emploi 2025 montrent 70% des ruptures conventionnelles ouvrent des droits immédiats au chômage.
Chiffres 2026 : pourquoi ça explose
La Dares prévoit 550 000 ruptures en 2026. L’indemnité moyenne grimpe à 13 500 euros, dopée par l’inflation. Les cadres représentent 40% des cas, per Cadremploi.
Les PME acceptent plus (65%) que les grands groupes (50%), faute de risques contentieux. France Travail verse 2,5 milliards d’euros en allocations issues de ces ruptures.
Vous partez gagnant : conseils d’expert final
Préparez votre lettre aujourd’hui. Elle ouvre une porte sur 24 mois d’ARE en moyenne. Négociez l’indemnité au forceps. L’employeur paie pour son calme. Vous touchez le chômage et rebondissez. Cette procédure bat tous les records car elle aligne intérêts salariés et patrons sur le terrain réel du droit du travail.