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Accueil » Les “bons défauts” en entretien d’embauche : la méthode concrète pour arrêter de réciter un discours creux
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Les “bons défauts” en entretien d’embauche : la méthode concrète pour arrêter de réciter un discours creux

SamuelPar Samuel21 mai 2026Aucun commentaire23 Minutes de Lecture
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Pourquoi les recruteurs insistent tant sur les défauts (et pourquoi vous vous plantez souvent)

Selon une enquête de Robert Half France publiée en 2023, plus de 70 % des recruteurs utilisent encore la question des qualités et défauts, sous une forme ou une autre. Ce n’est pas un folklore d’école de commerce. C’est un filtre rapide sur trois points : votre niveau de lucidité, votre maturité émotionnelle et votre capacité à gérer le risque pour l’entreprise.

Recruteur en entretien d'embauche prenant des notes
Photo : Anna Shvets / Pexels

Le problème, c’est que beaucoup de candidats récitent un inventaire de défauts « marketing » appris sur Internet. Les recruteurs voient passer les mêmes réponses en boucle : « je suis perfectionniste », « je suis trop impliqué », « je suis trop gentil ». Sur le terrain, ces réponses déclenchent deux réactions fréquentes. Soit le recruteur coupe mentalement la discussion parce qu’il sent un discours préparé. Soit il creuse, et le candidat s’enfonce.

Le site Cadremploi, qui suit les pratiques de recrutement cadres depuis plus de 30 ans, rappelle que certains défauts deviennent intéressants quand le candidat les relie à une façon de travailler. C’est là que la notion de « bons défauts » prend du sens. Un bon défaut, ce n’est pas un défaut maquillé en qualité. C’est un trait réel, qui pose un problème concret, mais que vous avez appris à canaliser, avec des garde-fous précis.

Dans cet article, on va sortir du catalogue de défauts interchangeables. L’objectif est clair : vous aider à donner des réponses qui collent à votre métier, à votre niveau de poste et aux contraintes du recruteur, avec des exemples concrets et des chiffres quand c’est possible.

Ce que les recruteurs testent vraiment quand ils demandent vos défauts

Quand un recruteur vous demande « 3 qualités, 3 défauts », il ne cherche pas un aveu psychologique. Il fait un audit rapide du risque d’embauche. Plusieurs études le confirment. L’APEC, dans son enquête 2024 sur les pratiques de recrutement des cadres, montre que les recruteurs placent la « capacité de remise en question » et la « gestion du stress » parmi les critères comportementaux les plus observés en entretien. La question des défauts est un prétexte pour sonder ces deux points.

Concrètement, la question sert à mesurer :

  • Votre lucidité : est-ce que vous savez où vous êtes vulnérable, sans dramatiser ni vous raconter des histoires ? Une étude de Cornell University sur l’effet Dunning-Kruger montre que les personnes les moins compétentes surestiment souvent leur niveau. Un candidat qui affirme n’avoir « pas vraiment de défauts gênants » déclenche immédiatement un signal d’alerte.
  • Votre gestion des risques : un défaut n’est gênant que si son impact n’est ni anticipé, ni encadré. Un recruteur va chercher les garde-fous que vous avez mis en place. Sans garde-fous, votre défaut devient une bombe à retardement dans l’équipe.
  • Votre rapport au conflit et à l’autorité : derrière des formulations comme « je dis ce que je pense » ou « je n’aime pas l’injustice », un recruteur chevronné entend parfois « je déclenche des conflits ouverts ». Les managers interrogés par Michael Page en 2022 placent la gestion des conflits internes dans leurs trois principales sources de perte de temps.
  • Votre cohérence avec le poste : un défaut « je me lasse vite des tâches répétitives » n’a pas le même impact sur un poste de comptable en production et sur un rôle de chef de produit digital. Le même trait peut passer ou disqualifier, selon le métier.

Les recruteurs ne cherchent donc pas une auto-flagellation. Ils cherchent un récit cohérent : un trait réel, un impact concret, une prise de conscience datée, des actions correctives précises, un résultat mesurable. Sans ces quatre éléments, votre défaut ressemble à un élément de langage.

Candidat en entretien d'embauche face à un recruteur
Photo : Anna Shvets / Pexels

Critiquer l’idée des “bons défauts” : là où les conseils classiques vous plantent

Les articles « Top 10 des bons défauts » tournent partout. Le problème, c’est qu’ils poussent les candidats vers des réponses standardisées. Cadremploi alerte sur ce point : les recruteurs entendent les mêmes défauts recyclés, sans incarnation, et s’en méfient. Le conseil « choisissez un défaut qui peut se transformer en qualité » tourne mal si vous ne parlez pas de situations concrètes.

Équipe en réunion autour d'un tableau de suivi de projet
Photo : RDNE Stock project / Pexels

Trois erreurs reviennent en boucle.

1. Le faux défaut autopromotionnel

« Je suis perfectionniste », « je travaille trop », « je suis trop impliqué ». Ces phrases déclenchent un réflexe défensif chez un recruteur expérimenté. Selon une étude de l’American Psychological Association publiée en 2016, les candidats qui transforment systématiquement leurs défauts en qualités auto-glorifiantes sont jugés moins authentiques. Sur le terrain, beaucoup de recruteurs s’en servent pour tester le candidat en situation : « Donnez-moi un exemple où votre perfectionnisme a pénalisé un projet ». Ne pas avoir d’exemple concret casse la crédibilité.

2. Le défaut hors sujet

Certains candidats pensent esquiver le sujet avec des traits sans lien avec le travail : « je suis gourmand », « je suis bavard avec mes amis ». Le recruteur le prend comme un refus de jouer le jeu. Selon une enquête de Hays France de 2023, près de 40 % des recruteurs mettent un avis négatif après un entretien où le candidat esquive les questions comportementales clés.

3. Le déballage thérapeutique

À l’inverse, quelques candidats se livrent trop. Ils exposent des difficultés personnelles, un burn-out en cours, des tensions familiales. Le recruteur n’est ni psy ni coach. Il se demande seulement : « Est-ce que cette personne va tenir le poste, avec mon niveau de contraintes ? » Une étude de CareerBuilder déjà ancienne, mais encore utilisée dans les formations RH, montre que les recruteurs sanctionnent les réponses qui transforment la question des défauts en confession sans lien avec le travail.

Le concept de « bons défauts » ne suffit donc pas. Ce qui compte, c’est le calibrage : un vrai défaut, lié au travail, sur lequel vous avez déjà avancé, avec un impact contrôlé pour l’entreprise. Sans ce calibrage, la même liste générique de défauts tourne à vide.

10 “bons défauts” qui fonctionnent vraiment… quand ils sont bien cadrés

Voici une sélection de défauts qui peuvent passer le filtre d’un recruteur, à condition de les relier à un métier, à un contexte et à des garde-fous précis. Il ne s’agit pas de copier-coller cette liste. L’idée est de comprendre comment construire votre réponse.

1. Obstination / ténacité

Cadremploi cite souvent l’obstination comme un défaut que l’on peut revendiquer si on le relie au courage et à la prise de risque. Dans des métiers commerciaux, en gestion de projet ou en développement produit, un candidat trop souple inquiète parfois plus qu’un candidat tenace.

Exemple bancable : « J’ai tendance à m’accrocher longtemps à une piste que je juge prometteuse. Sur un projet data en 2024, je suis resté focalisé sur un partenaire technique alors que les délais dérivaient. On a pris un retard de deux semaines. Depuis, je prévois dès le départ deux options alternatives et j’impose des points de coupure à J+15 et J+30. Ce cadre m’aide à garder la ténacité côté négociation, sans bloquer le projet. » Un recruteur entend ici un défaut réel, un impact mesurable, un apprentissage et un garde-fou.

2. Impatience

Dans des environnements en forte croissance, des managers de scale-up disent parfois préférer des profils impatients à des profils trop passifs. L’impatience peut dériver en stress ou en pression excessive sur les collègues. Elle peut aussi pousser à faire bouger des lignes figées.

Exemple bancable : « Je suis impatient sur les actions qui traînent. Quand j’ai pris mon poste de chef de projet, j’avais tendance à relancer très souvent les équipes, et certains se sont sentis harcelés. J’ai mis en place un point hebdo fixe, un tableau de suivi visible par tous, et je concentre mes relances sur ces créneaux. L’impatience reste un moteur pour faire avancer les sujets, mais elle pèse moins sur les personnes. » Le défaut est assumé, cadré, relié à des pratiques de travail.

3. Parler trop franchement

Cabinets comme Hudson ou Fed Human remontent régulièrement une attente des managers : des collaborateurs capables de dire qu’un projet part mal, sans langue de bois. Le franc-parler peut aussi abîmer la relation si le ton dérape. La frontière se joue sur la forme.

Exemple bancable : « J’ai un style direct. Dans mes premiers postes, j’ai pu braquer des collègues en donnant un feedback trop cash. J’ai suivi une formation ‘communication non violente’ en 2022, et j’utilise maintenant un cadre simple : je décris les faits, l’impact, puis je propose une solution. Je garde la franchise, mais je travaille beaucoup sur la forme, surtout avec des profils sensibles. » Le recruteur voit un trait qui peut l’aider, sur un poste où il manque souvent.

4. Besoin de contrôle

Dans les fonctions financières, qualité, conformité ou sécurité, un certain niveau de contrôle rassure. Le basculement en micro-management menace la performance collective. La clé, c’est de montrer que vous apprenez à lâcher prise sur les bons sujets.

Exemple bancable : « J’ai longtemps voulu tout vérifier. Sur ma première équipe de quatre personnes, je relisais chaque mail client. Je me suis épuisé, et l’équipe se reposait trop sur moi. J’ai défini des niveaux d’autonomie progressifs, avec des check-lists selon l’ancienneté. Aujourd’hui, je garde un contrôle strict sur les sujets à risque financier, mais je laisse les collaborateurs gérer seuls les cas simples. J’ai gagné 30 % de temps sur mon agenda en six mois. » Le chiffre donne du poids à la réponse.

5. Difficulté à dire non

Ce défaut touche beaucoup les profils consciencieux. L’INRS rappelle dans ses travaux sur les risques psychosociaux que la surcharge liée à des « oui » systématiques contribue au burn-out. Un recruteur qui entend « je ne sais pas dire non » sans stratégie de gestion se refroidit.

Exemple bancable : « J’ai tendance à accepter vite les demandes. En 2023, je me suis retrouvé avec 120 % de charge sur un trimestre. J’ai appris à utiliser un planning visuel que je partage avec mon manager et les collègues. Quand une nouvelle demande arrive, je montre les tâches en cours et je demande à prioriser. Je continue à rendre service, mais je protège mieux ma charge et les délais. » On voit le lien direct entre défaut, risque et outil de régulation.

6. Perfectionnisme cadré

Le perfectionnisme n’est pas interdit. Il est usé. La seule façon de le sauver consiste à le rendre concret et à montrer le coût qu’il a déjà eu sur un projet. Le psychologue Gordon Flett, spécialiste du perfectionnisme, rappelle que la version pathologique nuit à la productivité. Un recruteur le sait très bien.

Exemple bancable : « Je peux passer trop de temps à fignoler. Sur un rapport de 60 pages, j’ai passé deux jours à homogénéiser des détails de présentation, alors que le client se concentrait surtout sur les recommandations. Depuis, je segmente mes livrables en ‘version brouillon’ et ‘version premium’, et je définis avec le client le niveau d’exigence attendu. J’accepte que certains documents restent à 80 % plutôt qu’à 100 %. » On sort du cliché et on parle de rendement.

7. Stress avant les prises de parole

La peur de parler en public touche une grande partie des cadres. Une enquête de Chapman University place cette peur parmi les plus fréquentes. Le nier ne trompe personne. En parler avec des faits et des solutions peut au contraire rassurer un recruteur.

Exemple bancable : « Les présentations devant des grands comités m’ont longtemps fait perdre mes moyens. Sur une revue trimestrielle, j’ai oublié un chiffre clé. J’ai décidé d’industrialiser ma préparation : répétition la veille, support épuré, questions anticipées. J’ai aussi pris la parole plus souvent sur des formats courts, en réunion. Aujourd’hui, le trac reste présent, mais il devient un signal pour préparer plus tôt. » Le recruteur entend un niveau de conscience et de travail sur soi crédible.

8. Manque de spontanéité / besoin de réfléchir

Dans certains métiers (data, juridique, finance, IT), un excès d’improvisation pose problème. Dire que vous avez besoin de temps avant d’engager une décision peut rassurer, si vous montrez comment vous ne bloquez pas la machine.

Exemple bancable : « Je ne réagis pas toujours à chaud. Quand une décision engage beaucoup d’argent, je préfère vérifier. Sur un appel d’offres, j’ai demandé 24 heures supplémentaires pour valider un point contractuel. Cela a un peu tendu l’équipe commerciale, mais cela nous a évité une clause pénalisante. Pour le quotidien, j’ai mis en place des décisions ‘rapides’ jusqu’à un certain montant et des décisions ‘lentes’ au-delà. Je préviens clairement les équipes du cadre. » Le défaut se transforme en style de décision assumé.

9. Difficulté à déléguer

La délégation maladroite coûte très cher aux entreprises. L’étude « Global Workforce of the Future » de Boston Consulting Group rappelle que la surcharge des managers figure parmi les sources majeures d’intentions de départ. Dire « je garde trop de tâches pour moi » résonne chez beaucoup de recruteurs, si vous expliquez comment vous progressez.

Exemple bancable : « En début de management, je gardais les dossiers complexes ‘pour aller plus vite’. Résultat, j’étais le goulot d’étranglement et l’équipe montait peu en compétence. J’ai instauré un principe simple : sur chaque dossier complexe, un binôme avec un collaborateur. Je garde la dernière validation, mais je lui laisse faire les échanges intermédiaires. Le temps de traitement a un peu augmenté au départ, puis a baissé d’environ 20 % quand le collaborateur a gagné en autonomie. » Un recruteur voit un manager qui apprend et qui mesure.

10. Curiosité dispersée

Dans des métiers en lien avec l’innovation, la tech, le marketing, la curiosité reste valorisée. Elle peut toutefois se transformer en dispersion. L’avouer tout en détaillant un système de tri fait mouche.

Exemple bancable : « Je m’intéresse à beaucoup de sujets. En 2022, je me suis retrouvé à ouvrir dix chantiers annuels sans en terminer certains. J’ai instauré une règle de ‘maximum trois projets stratégiques’ en parallèle, validée avec mon manager. Je note toutes les idées dans un backlog, mais je n’en lance une nouvelle que lorsqu’un projet majeur se termine. Cela ne tue pas la curiosité, mais cela la cadre. » Le discours reste concret et crédible.

Les défauts à éviter absolument… ou à manier avec une extrême précision

Certains défauts déclenchent des signaux rouges immédiats. Pas pour des raisons morales, mais parce que le recruteur traduit instantanément en risques opérationnels. La plateforme RegionsJob et de nombreux cabinets RH listent les défauts les plus rédhibitoires, et on les retrouve dans les retours off de managers.

1. Manque de fiabilité

« Je suis souvent en retard », « j’ai du mal à respecter les délais », « je suis un peu désorganisé ». Sur un poste en télétravail, dans un environnement où les équipes sont éclatées, ce type de phrase suffit à plomber votre dossier. Selon l’IFOP, la ponctualité et le respect des engagements restent dans le top des critères de base attendus par les employeurs en France.

2. Difficulté avec l’autorité ou les règles

« Je n’aime pas qu’on me dise quoi faire », « j’ai du mal avec la hiérarchie », « je n’aime pas suivre des procédures ». Dans des secteurs régulés (santé, banque, aérien, industrie), c’est rédhibitoire. Le recruteur entend : risques de non-conformité, tensions avec les managers, audits compliqués.

3. Manque de fiabilité émotionnelle

« Je m’énerve facilement », « je peux exploser », « je prends tout personnellement ». Dans un environnement de travail sous tension, le manager n’a ni le temps ni l’énergie pour gérer des explosions répétées. Les études sur le climat social, comme celles de Great Place To Work, montrent que la qualité des relations internes pèse lourd sur la fidélisation. Un profil instable inquiète.

4. Manque de motivation ou d’effort

« Je suis vite lassé », « je n’aime pas quand c’est trop intense », « je n’ai pas envie de trop m’impliquer ». Ce type de phrase revient parfois chez des candidats qui veulent jouer la carte « honnêteté brute ». Elle casse simplement la candidature. Un entretien n’est pas un groupe de parole.

5. Côté « touriste » ou détaché

« Je cherche surtout un job pour payer mon loyer et j’aviserai », « je ne sais pas trop ce que je veux faire ». Les recruteurs interrogés par l’APEC insistent sur le coût d’un recrutement raté, qui peut dépasser plusieurs dizaines de milliers d’euros pour un cadre. Un profil qui assume une faible projection dans le poste inquiète.

Ces défauts ne doivent pas forcément disparaître de votre réflexion personnelle. Ils peuvent exister, surtout en début de carrière. Mais l’entretien d’embauche n’est pas l’endroit pour les mettre sur la table, sauf si vous les avez déjà énormément travaillés et qu’ils ne décrivent plus votre fonctionnement actuel.

La méthode 4 temps pour formuler un défaut sans perdre la face

Pour sortir des réponses vagues, il faut un cadre simple. La plupart des coachs en recrutement utilisent une structure en quatre temps, proche de ce que Cadremploi conseille dans ses dossiers.

Personne préparant un entretien avec des notes et un ordinateur portable
Photo : khezez | خزاز / Pexels

Temps 1 : nommer le trait simplement

Pas besoin de jargon de développement personnel. « Je suis impatient », « j’ai un besoin de contrôle », « j’ai tendance à trop vouloir aider ». Plus le mot est clair, plus le recruteur comprend vite le terrain sur lequel vous l’emmenez. Évitez les formulations alambiquées comme « j’ai une forte exigence qui peut, dans certains cas, se transformer en rigidité ». On entend juste que vous tournez autour du pot.

Temps 2 : montrer un impact concret, daté

Donnez une situation précise, avec un impact mesurable : retard, tension, perte d’efficacité, surcharge. Par exemple : « En 2022, sur le projet X, ma difficulté à déléguer a rallongé le délai de livraison de deux semaines. » Tant que le défaut ne touche rien de concret, il reste théorique.

Temps 3 : décrire ce que vous avez mis en place

Un recruteur ne vous demande pas un mea culpa, mais un plan de maîtrise. Outils, routines, règles personnelles, formation suivie, feedback sollicité : tout ce qui montre une action réelle compte. L’APEC observe que les recruteurs valorisent les candidats capables de parler d’échecs transformés en plans d’action. C’est là que se joue la différence entre un défaut brut et un bon défaut.

Temps 4 : donner un résultat ou un état actuel

Terminez sur l’état actuel : « Je reste X, mais aujourd’hui l’impact est maîtrisé dans tel périmètre », « je surveille ce point régulièrement avec mon manager », « je demande des retours à mon équipe tous les six mois ». Évitez la promesse « j’ai réglé ce problème pour toujours », qui sonne naïve.

Exemple complet sur l’impatience, avec ce cadre :

« Je suis impatient. Quand un projet prend du retard, j’ai tendance à multiplier les relances. Sur une migration informatique en 2023, cela a créé de la tension avec l’équipe support, qui se sentait sous pression constante. J’ai travaillé ce point avec mon manager, en posant un rythme de suivi commun : un point hebdo, un tableau partagé, et des relances concentrées sur ces créneaux. Aujourd’hui, l’impatience reste là, mais elle se traduit plus par des suggestions de solution et moins par des mails répétés. Les retours de l’équipe sont beaucoup plus positifs. »

Le recruteur peut désormais vous projeter dans une équipe, avec ce trait de caractère maîtrisé.

Adapter ses défauts à son métier et à son niveau de poste

Un même défaut n’a pas le même poids selon le métier. C’est là où la personnalisation fait la différence. Les baromètres APEC ou Pôle emploi montrent que les compétences comportementales les plus recherchées varient fortement d’un secteur à l’autre.

Pour un poste commercial

Un recruteur attend plutôt de la résilience, de la combativité, une capacité à encaisser le refus. Un défaut intéressant à travailler peut être la tendance à s’investir trop longtemps sur un prospect peu qualifié, ou une impatience face aux cycles de vente longs. À l’inverse, dire que vous avez « du mal avec les objectifs chiffrés » revient à saboter votre candidature.

Pour un rôle en finance, contrôle de gestion, comptabilité

La fiabilité, la rigueur, le respect des délais et des normes dominent. Un défaut du type « je ne suis pas à l’aise avec les détails » bloque tout. En revanche, un défaut comme « je peux être trop prudent pour valider une décision d’investissement » peut passer, si vous le reliez à un cadre d’analyse structuré qui sécurise des montants importants.

Pour la tech et l’IT

Les équipes tech valorisent souvent l’autonomie, la capacité à apprendre seul, la curiosité. Un défaut du type « je peux passer trop de temps à chercher la solution parfaite au lieu d’implémenter une version simple » parle à un recruteur IT, à condition de montrer comment vous avez mis en place des limites de temps ou des revues de code régulières pour arbitrer.

Pour les métiers RH, formation, accompagnement

La posture, l’écoute, la gestion des émotions sont scrutées. Dire « je manque de patience avec les gens qui n’avancent pas assez vite » déclenche des signaux d’alerte. Un défaut plus acceptable pourrait être « je peux trop vouloir aider et je dois poser des limites pour ne pas me retrouver à porter seul les problèmes des autres ». Là encore, il faut montrer comment vous fixez ces limites.

Pour des postes de management

Les études APEC sur les managers montrent que les recruteurs scrutent surtout la capacité à faire grandir une équipe, à trancher, à assumer des décisions impopulaires. Des défauts comme la difficulté à déléguer, une tendance à vouloir garder la main sur les dossiers, ou un besoin de tout contrôler peuvent se dire, si vous détaillez un travail réel sur la délégation. En revanche, un aveu de type « je n’aime pas le conflit » pose problème, car beaucoup de postes de manager impliquent des arbitrages difficiles.

L’erreur fréquente consiste à utiliser le même discours de défauts pour tous les entretiens. Un recruteur repère vite une réponse formatée, sans lien avec les enjeux spécifiques du poste. Prenez 10 minutes avant chaque entretien pour relire la fiche de poste et choisir des défauts qui se connectent à des points réels à surveiller sur la fonction.

Exemples de réponses complètes selon différents profils de candidats

Passons aux cas pratiques. Voici des réponses crédibles, avec le niveau de détail attendu. L’idée n’est pas de les copier mot pour mot, mais de vous en inspirer pour construire vos propres exemples.

Candidat junior (moins de 3 ans d’expérience)

« Je peux manquer d’assurance quand je découvre un environnement. Sur mon alternance en 2023, j’ai mis du temps à intervenir en réunion, même quand j’avais les infos. Un jour, une erreur sur un stock est passée alors que je l’avais vue. J’en ai parlé avec mon tuteur, qui m’a conseillé de préparer mes interventions par écrit et de prendre au moins une fois la parole par réunion. J’ai tenu cette règle tout le reste de l’année. Aujourd’hui, je continue à préparer mes points en amont. Je ne suis pas la personne la plus à l’aise pour parler à l’improviste, mais je sais intervenir quand c’est nécessaire. »

Le recruteur entend un défaut réaliste pour un junior, un épisode marquant, un feedback et une action concrète.

Cadre confirmé sans management

« Je peux être trop exigeant avec la qualité des livrables. Sur un projet de refonte de reporting en 2022, j’ai passé beaucoup de temps à revoir la mise en forme alors que la direction attendait surtout la fiabilité des chiffres et la tenue du délai. On a livré le rapport avec trois jours de retard. J’ai revu ma façon de travailler : je sépare désormais le fond et la forme, et je définis avant chaque projet le niveau de finition attendu. Sur les sujets urgents, je m’autorise des livrables à 80 % sur la forme, et je note les points à améliorer pour la version suivante. »

On retrouve les 4 temps : trait, impact, actions, état actuel.

Manager d’équipe

« J’ai eu du mal à déléguer au début de ma prise de poste. J’avais été promu dans l’équipe où j’étais auparavant contributeur, et je gardais la main sur les dossiers complexes. Résultat, j’étais saturé et mes collaborateurs n’avançaient pas sur les sujets à plus forte valeur. J’ai mis en place un système de binômes seniors/juniors sur les projets sensibles, avec des points d’étape hebdomadaires. Au bout de six mois, j’ai pu lâcher complètement certains dossiers. Les temps de traitement ont baissé, et un de mes collaborateurs a même été identifié comme futur manager. Aujourd’hui, je reste vigilant, surtout quand la pression monte, mais je contrôle beaucoup mieux ce réflexe. »

Ici, la réponse montre un travail sur soi, un impact collectif et un résultat visible.

Reconversion professionnelle

« En reconversion, j’ai parfois tendance à vouloir rattraper mon retard en faisant trop. Au début de ma formation, je me suis inscrit à plusieurs MOOCs en plus des cours, et j’ai frôlé la saturation. J’ai compris que je devais prioriser. Aujourd’hui, je limite les projets supplémentaires à un sujet à la fois, validé avec mon formateur ou mon manager. Je préfère aller au bout d’un engagement plutôt que d’en ouvrir plusieurs et de m’éparpiller. »

Les recruteurs sont méfiants face à des profils en reconversion qui brûlent les étapes. Un défaut de ce type, cadré, montre un niveau de réalisme sur l’effort nécessaire.

Préparer vos défauts sans réciter un texte : la check-list utile

Pour que votre discours sur les défauts reste fluide et crédible, la préparation joue un rôle clé. Selon une enquête de Monster, plus de la moitié des candidats ne préparent pas sérieusement les questions comportementales, et s’en remettent à l’improvisation. C’est visible en entretien.

Voici une check-list simple à travailler avant un entretien :

  • Choisissez 3 défauts maximum, en lien avec le poste ciblé. Un ou deux défauts liés à l’organisation ou au style de travail, plus éventuellement un défaut lié à la communication.
  • Pour chaque défaut, écrivez une situation précise, avec un enjeu réel. Pas besoin que ce soit dramatique, mais il faut un impact tangible.
  • Listez les actions concrètes que vous avez prises : outil, méthode, formation, feedback, changement de routine.
  • Ajoutez un indicateur quand c’est possible : délai réduit, charge mieux répartie, nombre de conflits diminué, niveau de stress ressenti.
  • Travaillez la première phrase à l’oral. Le reste peut rester souple. Mais la façon dont vous nommez votre défaut donne le ton.

Ne cherchez pas à tout écrire par cœur, cela s’entend. Préparez des repères, puis laissez la conversation respirer. Un recruteur préfère une réponse moins parfaite mais vivante qu’un texte récité qui sonne faux.

Conclusion : un bon défaut, c’est d’abord un risque que vous savez gérer

Les « bons défauts » ne tiennent pas à la formule choisie, mais à votre rapport au risque que vous représentez pour l’entreprise. Un recruteur ne cherche pas un candidat sans défauts. Il cherche quelqu’un qui connaît ses angles morts et qui a déjà commencé à travailler dessus. Les études de l’APEC, de Robert Half ou des grands cabinets de recrutement convergent : la lucidité sur soi, la capacité à apprendre de ses erreurs et la cohérence avec le poste pèsent plus lourd qu’une liste de qualités récitées.

La prochaine fois qu’un recruteur vous demandera trois défauts, oubliez les recettes toutes faites. Pensez en termes de situations, d’impact et de garde-fous. Posez-vous une seule question avant d’ouvrir la bouche : « Si j’étais à sa place, est-ce que j’embaucherais cette personne avec ce défaut et cette façon de le gérer ? » Si la réponse est oui pour vous, vous avez probablement trouvé un vrai bon défaut d’entretien.

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Samuel
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Moi c'est Samuel, je suis diplômé dans les ressources humaines et j'ai travaillé des dizaines d'années. J'ai créé ce blog pour vous aider à avancer dans la vie professionnelle et dans la vie privée !

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