Les fondamentaux du quorum et de la majorité en assemblée générale
Lorsque l’on parle d’assemblée générale (AG), comprendre les notions de quorum et de majorité est indispensable pour garantir la validité des décisions qui y sont prises. Ces règles sont la clé de voûte du fonctionnement démocratique des sociétés et associations. Sans leur respect, une assemblée ne peut ni valablement délibérer, ni adopter de résolutions engageantes.
Le quorum désigne le nombre minimum d’associés ou d’actionnaires présents ou représentés pour que l’assemblée puisse légalement débuter. Il s’agit d’une condition préalable à la prise de décision. La majorité, quant à elle, est le seuil de voix necessaire pour que la résolution proposée soit adoptée.
Ces règles varient suivant la nature de l’assemblée (ordinaire ou extraordinaire) et la forme juridique de la société. Par exemple, dans une SARL, le quorum n’est pas requis en assemblée générale ordinaire (AGO), tandis qu’il est obligatoire dans une société anonyme (SA) lors de la première convocation.
Pour illustrer, prenons l’exemple d’une assemblée générale d’une SA convoquée pour voter sur l’approbation des comptes annuels. Un quorum de 20 % du capital social doit être atteint à la première convocation. Si ce seuil n’est pas atteint, une seconde convocation peut avoir lieu où l’assemblée délibère sans exigence de quorum. Cela garantit ainsi que les décisions prises ont un minimum de légitimité, tout en offrant une certaine flexibilité à l’organisation des réunions.
Par ailleurs, chaque décision prise fait l’objet d’un procès-verbal rédigé sous la présidence d’un dirigeant ou d’un président de séance nommé spécialement. Ce document est fondamental pour assurer la traçabilité des votes et validité des délibérations.
Le respect de ces règles n’est pas seulement une obligation légale, mais aussi une condition pour assurer la confiance entre associés et garantir la gouvernance saine de l’entreprise. Pour approfondir les formalités liées à la convocation, tu peux découvrir les délais à respecter pour convoquer une assemblée générale.

Les règles de majorité dans les assemblées générales ordinaires : un panorama selon la forme sociétale
En assemblée générale ordinaire (AGO), les décisions courantes comme l’approbation des comptes ou la nomination des dirigeants doivent respecter des règles de majorité précises. Ces règles dépendent du statut juridique de la société : SARL, SAS, SA, ou SCI.
La SARL et ses spécificités de majorité
La SARL (société à responsabilité limitée) est souvent choisie pour sa simplicité juridique. Pour une première assemblée ordinaire, la majorité requise correspond à la majorité absolue des parts sociales, c’est-à-dire plus de la moitié des voix détenues par les associés. Un aspect marquant réside dans le fait qu’aucun quorum n’est exigé, ce qui permet la tenue d’assemblées même avec un faible nombre d’associés présents.
Si la décision n’est pas adoptée lors de cette première réunion, une seconde assemblée peut être convoquée. À cette occasion, la majorité nécessaire devient relative : il suffit de réunir plus de la moitié des votes exprimés par les associés présents ou représentés pour valider la résolution, toujours sans quorum obligatoire. C’est un mécanisme utile pour débloquer des situations et éviter la paralysie décisionnelle.
Ce qu’il faut savoir pour la SAS
Dans la SAS (société par actions simplifiée), la loi laisse une grande liberté aux associés pour définir leurs propres règles de majorité dans les statuts. Celui-ci permet de choisir un quorum minimal, un type de vote, voire de prévoir des majorités renforcées pour certaines décisions. Cette liberté est un avantage considérable pour les entrepreneurs cherchant à moduler le pouvoir de décision selon leur organisation unique.
Mais attention, à défaut de précisions dans les statuts, les règles de la société anonyme (SA) s’appliquent par défaut. Cette nuance montre l’importance capitale de bien rédiger ses statuts dès la création de la société.
La SA impose des règles plus strictes
Pour la SA, la première assemblée générale ordinaire impose un quorum de 20 % minimum du capital social. La majorité requise est simple : plus de la moitié des voix des actionnaires présents ou représentés. Cette exigence vise à garantir que des décisions importantes, même lors du fonctionnement classique de la société, soient prises avec une base plus large.
Si le quorum n’est pas atteint à la première convocation, une seconde assemblée générale est organisée, qui cette fois ne requiert aucun quorum, et où la majorité simple suffit également à adopter des résolutions.
SCI : une majorité fixée par les statuts mais une règle par défaut à connaître
Dans les SCI (sociétés civiles immobilières), les règles de majorité en AGO sont souvent définies dans les statuts de la société. En l’absence de précisions, la majorité absolue des parts détenues par les associés présents ou représentés s’applique. Autrement dit, il faut plus de 50 % des parts sociales réunies en assemblée pour adopter une décision.
Ce fonctionnement reflète l’esprit collégial des SCI, qui gèrent biens immobiliers en commun et nécessitent souvent une forte concertation pour toute modification.
| Type de société | Première convocation | Quorum | Seconde convocation | Quorum |
|---|---|---|---|---|
| SARL | Majorité absolue des parts sociales | Aucun | Majorité relative des votes émis | Aucun |
| SAS | Selon les statuts | Selon les statuts | Selon les statuts | Selon les statuts |
| SA | Majorité simple des voix exprimées | 20 % du capital social | Majorité simple des voix exprimées | Aucun |
| SCI | Majorité absolue (sauf dispositions contraires dans les statuts) | Selon les statuts | Majorité absolue (sauf dispositions contraires dans les statuts) | Selon les statuts |
Dans toutes les sociétés, les votes sont exprimés lors de l’assemblée générale réunie sous la présidence d’un dirigeant, et consigné dans un procès-verbal. Ce dernier sert notamment de preuve en cas de contestation.
Plus d’informations sur la SARL et ses nuances sont disponibles en consultant ce guide complet sur le fonctionnement de la SARL.

Les règles de majorité en assemblée générale extraordinaire selon les formes de sociétés
Une assemblée générale extraordinaire (AGE) réunit les associés pour des décisions importantes telles que la modification des statuts, l’augmentation de capital ou la dissolution anticipée de la société. Ces délibérations requièrent des règles de vote plus strictes que les AGO.
Les règles spécifiques à la SARL
Pour une SARL, la légalisation des règles de majorité en AGE diffère selon que la société a été créée avant ou après le 4 août 2005. C’est un exemple marquant d’évolution législative impactant les pratiques de gouvernance aujourd’hui.
Pour une SARL créée avant cette date, aucun quorum n’est requis lors des assemblées extraordinaires. En revanche, la majorité demandée est élevée : les décisions doivent recueillir l’accord des trois-quarts des parts sociales, témoignant d’une forte exigence pour ces décisions à fort impact.
Depuis le 4 août 2005, la loi encadre plus strictement les conditions :
- À la première convocation, un quorum d’au moins un quart (25 %) des parts sociales doit être atteint.
- Pour une décision d’AGE, la majorité exigée est la majorité des deux tiers des parts détenues par les associés présents ou représentés.
- Si le quorum n’est pas atteint, une seconde convocation peut avoir lieu, où le quorum est abaissé à 20 % des parts sociales, tout en maintenant la règle des deux tiers pour la majorité.
Cette gradation garantit un équilibre entre la nécessité d’une large adhésion et la possibilité de ne pas bloquer indéfiniment la prise de décision.
Le fonctionnement en AGE pour les SAS
Pour la SAS, les règles en assemblée générale extraordinaire dépendent essentiellement des statuts. Les associés sont libres de prévoir la majorité nécessaire à l’adoption des résolutions, à condition que celles-ci ne contreviennent pas aux dispositions du Code de commerce.
Cette totale liberté offre une flexibilité appréciée, mais implique aussi une vigilance accrue pour éviter les clauses disproportionnées qui pourraient paralyser la prise de décision.
Les exigences renforcées en AGE pour la SA
Dans une société anonyme, l’AGE impose des règles de quorum plus contraignantes que lors de l’AGO. Un quorum minimum de 33,33 % du capital social est exigé à la première convocation. La majorité requise pour adopter une résolution est celle des deux tiers des voix des actionnaires présents ou représentés.
À défaut d’atteinte du quorum, une seconde assemblée peut délibérer sans quorum, mais la majorité des deux tiers reste indispensable.
SCI : souvent alignée sur les statuts mais avec une logique similaire
Pour les SCI, les statuts déterminent généralement les règles en assemblée générale extraordinaire. En l’absence de précision, la majorité renforcée s’impose, généralement les deux tiers des parts détenues, avec ou sans quorum selon les stipulations statutaires.
Ainsi, la majorité en AGE est systématiquement plus contraignante que celle appliquée en AGO, reflétant la gravité des décisions concernées.

Les différentes formes de majorités : comment les identifier et les appliquer ?
En assemblée générale, le terme majorité peut désigner plusieurs seuils différents selon le contexte :
- Majorité simple : les voix en faveur doivent être supérieures à la somme des voix contre. C’est la forme la plus fréquente pour les décisions ordinaires.
- Majorité absolue : plus de la moitié des voix des membres composant l’assemblée, présents ou absents, quel que soit le nombre de voix exprimées.
- Majorité qualifiée ou renforcée : un pourcentage élevé de voix est exigé, souvent deux tiers ou trois quarts. Utilisée lors d’assemblées extraordinaires pour des décisions majeures.
Le respect de ces majorités est crucial pour assurer la légitimité des décisions, particulièrement lors de conflits. Par exemple, une contestation portée devant un tribunal évoquera la correcte application des règles de majorité pour invalider ou confirmer une résolution.
Voici une liste concrète des types de décisions et des majorités généralement requises :
- Approbation des comptes annuels : majorité simple en assemblée générale ordinaire.
- Modification des statuts : majorité qualifiée (souvent deux tiers) en assemblée générale extraordinaire.
- Augmentation de capital : majorité renforcée fixée par la loi ou les statuts.
- Nomination ou révocation d’un directeur général : majorité simple ou absolue suivant la forme sociale.
- Décisions de dissolution anticipée : majorité qualifiée en AG extraordinaire.
Comprendre ces nuances permet d’anticiper et de mieux préparer les réunions, notamment en construisant des stratégies de vote efficaces. La clé réside dans la consultation minutieuse des statuts et des textes légaux associés.
Pour accompagner les dirigeants dans cette démarche, il est pertinent de maîtriser également le rôle des outils juridiques comme le procès-verbal et de s’assurer d’une bonne organisation de la convocation. Le site présente des conseils précis pour la rédaction du règlement intérieur, contribuant à la clarification des modalités de vote et de majorité.

Les enjeux pratiques du vote et de la présidence de séance en assemblée générale
Au cœur de toute assemblée générale se trouvent l’exercice du vote et la présidence de la séance. La personne assurant la présidence joue un rôle central, veillant au respect des règles de procédure, de quorum et de majorité.
Le président, souvent le dirigeant de la société, ouvre la séance, s’assure que la convocation a été correctement adressée et vérifie que les conditions de quorum sont réunies. Il organise ensuite le déroulement du vote, explicitant clairement chaque résolution soumise au suffrage des associés. Ce rôle requiert impartialité et rigueur pour éviter toute contestation.
Le vote peut se faire à main levée, par correspondance ou par procuration. Les règles de comptabilisation doivent être strictement respectées pour garantir la validité des délibérations. Dans certaines structures, comme la SAS, la mise en place d’outils digitaux facilite désormais l’organisation des votes à distance, offrant souplesse et rapidité.
Un exemple vécu : lors de l’assemblée générale d’une PME familiale, des tensions sont apparues lorsque la présidence n’a pas correctement appliqué le quorum. La contestation a conduit à l’annulation de plusieurs décisions, soulignant l’importance d’une maîtrise parfaite de ces mécanismes. Le rôle du président est ainsi stratégique, au-delà d’une simple fonction administrative.
Par ailleurs, pour une agence immobilière ou une SCI, la présentation du droit au bail lors des assemblées peut nécessiter des précautions spécifiques lors du vote relatif aux résolutions immobilières.
Pourquoi le procès-verbal est-il essentiel dans la validation des décisions d’assemblée ?
Le procès-verbal (PV) est le document officiel synthétisant le déroulement de l’assemblée générale, les débats, ainsi que les résultats des votes. C’est une preuve juridique qui garantit la légalité des décisions prises.
Rédigé sous la responsabilité du président ou d’un secrétaire désigné, le PV précise notamment :
- La date et lieu de l’assemblée
- La liste des participants et les pouvoirs
- Le rappel des résolutions soumises au vote
- Les résultats détaillés des votes (majorité obtenue, nombres de voix pour ou contre)
- Les éventuelles contestations ou observations
Cette documentation rigoureuse protège la société en cas de litiges ultérieurs. En 2026, les PV peuvent être conservés sous format numérique, conformément à la réglementation en vigueur, ce qui facilite leur accessibilité et archivage.
Dans un contexte de forte digitalisation, plusieurs sociétés adoptent désormais des plateformes sécurisées pour la rédaction et la validation des PV en temps réel, améliorant la transparence et l’efficacité.
Pour approfondir la gestion comptable et juridique en lien avec l’assemblée générale, le guide sur le traitement des immobilisations en comptabilité expose les bonnes pratiques associées.
Impact des règles de majorité sur la gouvernance et la cohésion des associés
Au-delà du respect formel des règles, les seuils de majorité et de quorum influent directement sur la gouvernance d’une société. Ils façonnent le rapport de force entre associés et permettent ou freinent la mise en œuvre des stratégies collectives.
Un quorum trop élevé peut entraîner des difficultés à réunir les assemblées, bloquant les prises de décisions importantes. À l’inverse, un quorum trop faible favorise les petites majorités, ce qui peut déstabiliser l’équilibre et les intérêts minoritaires.
La majorité renforcée en AGE, habituellement aux deux tiers, protège la collectivité contre des modifications majeures trop faciles, préservant ainsi la stabilité statutaire. Ces choix doivent être réfléchis dès la constitution pour anticiper les évolutions futures et éviter des conflits internes persistants.
Un dirigeant expérimenté sait combien ces règles influencent l’ambiance dans les assemblées et peut utiliser des pratiques managériales pour favoriser la collaboration plutôt que l’opposition frontale. Par exemple, la mise en place d’une communication transparente avant l’assemblée permet souvent d’anticiper les points de désaccord et trouver des compromis.
Le partage de bonnes pratiques managériales est présenté dans ce découverte du comité social et économique qui offre un éclairage utile sur la dynamique des organes de décision collective.
Assemblées générales et règles évolutives : s’adapter aux nouveautés juridiques et technologiques
Les règles encadrant le quorum et la majorité en assemblée général évoluent régulièrement, souvent en lien avec des réformes législatives ou des changements sociétaux. Ainsi, la loi ALUR a apporté des améliorations notables concernant la gouvernance des sociétés immobilières et de copropriété.
Depuis quelques années, les avancées numériques permettent également la tenue d’assemblées à distance avec des modalités de vote électronique accrues. Cette évolution offre une plus grande accessibilité, notamment pour les sociétés éclatées géographiquement.
Il est essentiel de se tenir informé des dernières évolutions pour éviter les invalidations de résolutions. Une veille juridique régulière et une collaboration étroite avec des conseillers spécialisés sont recommandées.
Ce site propose une ressource détaillée sur les principales évolutions apportées par la loi ALUR, parfaite pour garder son organisation conforme et efficace.
Conseils pratiques pour organiser une assemblée générale efficace et respectueuse des règles
Pour s’assurer que l’assemblée générale se déroule dans les meilleures conditions, plusieurs étapes clés doivent être respectées :
- Préparation de la convocation : Respecter les délais légaux et mentionner clairement l’ordre du jour.
- Vérification du quorum : Avant d’ouvrir la séance, le président s’assure du respect des seuils de quorum.
- Animation de la séance : Garantir une présidence impartiale, un déroulement fluide des débats et des votes.
- Prise de décision : Appliquer correctement les règles de majorité selon le type de résolution.
- Rédaction du procès-verbal : Documenter fidèlement les résultats et les débats.
- Communication post-assemblée : Diffuser les décisions aux membres concernés et archiver les documents.
Mettre en place ces bonnes pratiques crée un climat de confiance et facilite la gestion administrative. Pour en savoir plus sur l’organisation administrative, des ressources utiles sont accessibles via ce guide sur les règles à suivre pour un acompte sur salaire, qui bien que ciblée sur les salaires, offre un aperçu complet des bonnes pratiques administratives associées en entreprise.
Qu’est-ce que le quorum en assemblée générale ?
Le quorum est le nombre minimum d’associés ou d’actionnaires présents ou représentés nécessaire pour que l’assemblée générale puisse légalement délibérer.
Quelle majorité est requise lors d’une assemblée générale ordinaire en SARL ?
Lors d’une AGO en SARL, la majorité absolue des parts sociales est requise à la première convocation. En cas de nouvelle convocation, la majorité relative suffit.
Comment sont fixées les règles de majorité en SAS ?
En SAS, ce sont les statuts qui déterminent librement les règles de majorité et de quorum, offrant une grande flexibilité aux associés.
Pourquoi est-il important de rédiger un procès-verbal ?
Le procès-verbal formalise les délibérations et les résultats des votes, assurant leur légalité et servant de preuve en cas de litige.
Quelles sont les conséquences d’un quorum non atteint ?
Si le quorum n’est pas atteint, l’assemblée ne peut valider aucune résolution lors de la première convocation mais peut être reconvoquée, parfois sans quorum requis.
